Publié le 2 décembre 2025 à 12h53. La ménopause, souvent vécue en silence, peut profondément perturber la vie des femmes. Un chirurgien de Delhi souligne l’efficacité de l’hormonothérapie substitutive (THS) pour atténuer les symptômes et améliorer la qualité de vie.
- L’hormonothérapie substitutive (THS) peut soulager jusqu’à 75 à 90 % des bouffées de chaleur.
- Elle améliore le sommeil, l’humeur, la santé osseuse et même la libido.
- Les craintes concernant le cancer liées à la THS sont souvent basées sur des données obsolètes.
La ménopause est une étape naturelle de la vie d’une femme, mais elle peut s’accompagner de symptômes invalidants tels que bouffées de chaleur, insomnie, sautes d’humeur, prise de poids et sécheresse vaginale. Pourtant, de nombreuses femmes en Inde sont encouragées à « endurer » ces désagréments en silence. Le Dr Anshuman Kaushal, chirurgien robotique et expert en obésité à Apollo New Delhi, plaide pour une approche plus proactive et scientifique : l’hormonothérapie substitutive (THS).
Dans une vidéo diffusée sur Instagram le 14 novembre, le Dr Kaushal explique les bienfaits de la THS, démystifie les idées reçues et détaille les examens médicaux nécessaires avant de commencer un traitement. Il insiste sur le fait que la ménopause n’est pas un problème personnel à subir en silence, mais un processus biologique qui peut être géré efficacement.
La ménopause, une question de santé publique
Le Dr Kaushal déplore le manque de sensibilisation en Inde, où la ménopause est souvent perçue comme un sujet tabou.
« La ménopause n’est pas un drame, c’est de la biologie. Et la THS n’est pas un ennemi, c’est de la science. En Inde, nous traitons la ménopause comme si c’était un échec personnel qu’une femme doit subir tranquillement. La ménopause frappe comme un tremblement de terre. Les niveaux d’œstrogènes, de progestérone et de testostérone chutent. Bouffées de chaleur, insomnie, sautes d’humeur, prise de poids, douleurs articulaires, sécheresse, irritabilité, perte de libido… tout cela arrive en même temps. »
Dr Anshuman Kaushal, chirurgien robotique
Comment l’hormonothérapie substitutive agit-elle ?
Le Dr Kaushal explique que la THS vise à compenser la baisse des hormones que le corps ne produit plus.
« La THS moderne est sûre, efficace et peut changer la vie lorsqu’elle est initiée au bon moment. Elle améliore le sommeil, l’humeur, la santé osseuse, la santé cardiaque et même la santé sexuelle. »
Dr Anshuman Kaushal, chirurgien robotique
Il précise que la THS peut apporter les bénéfices suivants :
- Soulagement des bouffées de chaleur dans 75 à 90 % des cas.
- Amélioration du sommeil, supérieure à celle obtenue avec la mélatonine.
- Stabilisation de la sérotonine, améliorant l’humeur et réduisant l’anxiété.
- Amélioration de la sécheresse vaginale et de la libido, rétablissant un équilibre hormonal optimal.
- Réduction du risque d’ostéoporose de 30 à 50 %, renforçant la santé des os et des articulations.
- Amélioration de la santé cardiaque si la THS est initiée avant l’âge de 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause.
- Augmentation de la production de collagène, améliorant l’hydratation de la peau et lui redonnant de l’éclat.
THS et cancer : dissiper les craintes
L’une des principales préoccupations concernant la THS est le risque potentiel de cancer. Le Dr Kaushal nuance cette affirmation, soulignant que cette crainte repose sur des données datant du début des années 2000.
« Les directives actuelles, telles que celles de la NAMS, de l’ACOG ou de NICE, indiquent que les bénéfices dépassent les risques pour les femmes en bonne santé lorsque le traitement est initié au bon moment et à la bonne dose. »
Dr Anshuman Kaushal, chirurgien robotique
Il recommande l’utilisation de formes d’administration sûres, comme l’estradiol transdermique (gel ou patchs) et la progestérone micronisée, considérées comme supérieures aux anciennes pilules synthétiques.
Contre-indications et précautions
La THS n’est pas adaptée à toutes les femmes. Elle est déconseillée aux personnes atteintes d’un cancer du sein actif, ayant des antécédents de troubles de la coagulation, souffrant de maladies du foie, d’hypertension artérielle non contrôlée ou de saignements inexpliqués. Un bilan médical approfondi par un gynécologue est indispensable avant de commencer un traitement.
Un besoin particulier pour les femmes indiennes
Le Dr Kaushal souligne que les femmes indiennes ont tendance à entrer dans la ménopause plus tôt que les femmes occidentales, en raison de facteurs tels que la carence en vitamine D, une résistance à l’insuline plus élevée, une plus grande proportion de graisse viscérale et une perte osseuse plus rapide. Cela rend la THS particulièrement pertinente et nécessaire pour les femmes indiennes.
Avant de débuter une THS, le Dr Kaushal préconise une série d’examens pour évaluer l’état de santé général de la patiente :
- Bilan thyroïdien
- Glycémie à jeun
- Dosage de l’insuline
- Bilan lipidique
- Dosage de la vitamine D
- Dosage de la vitamine B12
- Bilan hépatique
- Échographie pelvienne
- Mammographie
- Consultation avec un gynécologue
Le Dr Kaushal conclut :
« La ménopause n’est pas la fin de la vie. Mais la subir en silence peut donner l’impression que c’est le cas. La THS redonne la vie aux femmes quand rien d’autre ne fonctionne. »
Dr Anshuman Kaushal, chirurgien robotique
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