Home NouvellesLa mère du plus jeune soldat cubain tué au Venezuela s’exprime

La mère du plus jeune soldat cubain tué au Venezuela s’exprime

by Nicolas Lefèvre

Publié le 15 janvier 2026 20:49:00. La mort de 32 soldats cubains lors d’une opération à Caracas, qui a conduit à la chute du régime de Nicolás Maduro, plonge Cuba dans le deuil et soulève des questions sur l’étendue de l’implication militaire de l’île au Venezuela.

  • Les corps des 32 militaires cubains décédés au Venezuela sont rapatriés à La Havane.
  • Le gouvernement cubain a publié les biographies des soldats, reconnaissant tardivement leur présence dans des missions de sécurité au Venezuela.
  • La mère du plus jeune soldat décédé témoigne de son chagrin et de ses espoirs brisés.

La Havane est en deuil après le retour des dépouilles mortelles de 32 soldats cubains, victimes d’une opération internationale qui a abouti à la destitution de Nicolás Maduro à Caracas le 3 janvier dernier. L’opération a permis l’accession au pouvoir de Delcy Rodríguez, assurant une transition politique fragile sous supervision internationale.

Les restes des militaires sont arrivés à La Havane à bord d’un avion de Cubana de Aviación, puis ont été transportés le long de l’avenue Rancho Boyeros jusqu’au siège du ministère des Forces armées révolutionnaires (MINFAR), où une chapelle ardente a été aménagée pour un hommage public.

Parmi les victimes, Fernando Antonio Báez Hidalgo, 26 ans, grade de lieutenant au ministère de l’Intérieur et travaillant comme garde du corps. Sa mère, Maidelín Hidalgo Hidalgo, 53 ans, a partagé son chagrin avec le journal Juventud Rebelde.

« C’est terrible. J’ai l’impression qu’on m’a arraché un morceau de moi. C’était un fils très désiré, le seul que j’avais. »

Maidelín Hidalgo Hidalgo, mère de Fernando Antonio Báez Hidalgo

Maidelín Hidalgo Hidalgo raconte que Fernando a grandi sans son père, décédé lorsqu’il avait 15 ans. Elle souligne leur relation étroite :

« Je me suis battue pour lui et il s’est battu pour moi. »

Maidelín Hidalgo Hidalgo, mère de Fernando Antonio Báez Hidalgo

Il était un élève brillant, formé comme technicien en médecine vétérinaire, et a choisi de se consacrer à la sécurité personnelle lors de son service militaire.

Son frère, Yoanis Báez Estrada, le décrit comme « un excellent fils, compagnon et frère », une personne calme, peu sociable, passionnée par le baseball et le cinéma.

La mère et le fils avaient un projet commun : emménager ensemble dans la capitale.

« Il rêvait d’acheter une maison à La Havane. Notre maison a besoin d’être réparée, elle est modeste et il m’a dit que pour la réparer, il valait mieux acheter une maison à La Havane et que j’irais avec lui. »

Maidelín Hidalgo Hidalgo, mère de Fernando Antonio Báez Hidalgo

Fernando était arrivé au Venezuela il y a un peu plus de cinq mois et entretenait des conversations quotidiennes avec sa mère. Leur dernier échange a eu lieu le 2 janvier, vers 21 heures. Le lendemain, après avoir appris les événements de Caracas, Maidelín a tenté de contacter son fils sans succès. Elle a compris l’ampleur de la tragédie en voyant arriver des personnes en uniforme militaire à son domicile.

Un silence persistant sur la mission cubaine

Si le gouvernement cubain a publié les biographies des militaires décédés sous le slogan « Honneur et gloire », confirmant leur appartenance aux Forces armées révolutionnaires (FAR) et au ministère de l’Intérieur (MININT), il reste muet sur la nature exacte de leur mission au Venezuela. Les termes de l’accord, le nombre total de troupes déployées et les détails de l’opération n’ont pas été divulgués.

Les profils des soldats révèlent un schéma commun : des hommes de différentes générations et grades, originaires principalement de l’est du pays, envoyés en « mission internationaliste », une expression utilisée officiellement pour masquer une présence militaire longtemps niée. Le récit officiel met en avant leur engagement au sein de l’Union des jeunes communistes (UJC) et du Parti, leur participation à des « assurances opérationnelles » et des promotions posthumes, sans aborder la vie familiale des victimes ni les détails de leur mission.

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