La Namibie cherche à imposer la transformation locale et des partenariats aux investisseurs étrangers dans le secteur minier. Alors que le pays attire l’attention internationale, le gouvernement tente de concilier ces projets avec un taux de chômage élevé, selon des déclarations faites en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
La Namibie se trouve face à un paradoxe économique. Le pays bénéficie d’une forte attention de la part des investisseurs internationaux, mais le gouvernement insiste pour que cette visibilité se traduise par des retombées concrètes sur le sol namibien. Shali Shindume, conseiller économique de la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah, a souligné que l’exécutif ne cherchait plus seulement à attirer les capitaux, mais à transformer cet intérêt en emplois et en activités industrielles locales.
Les exigences de transformation locale pour les investisseurs miniers
Pour le gouvernement namibien, l’époque des projets purement extractifs est révolue. La présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah a posé des conditions claires lors d’un événement organisé par Invest Africa à New York, prévenant qu’aucun investisseur ne pouvait se contenter d’une approche superficielle.
La présidente de la Namibie a déclaré à IntelliNews : « Aucun investisseur ne peut se contenter d’une approche superficielle. »

L’exécutif exige que les groupes étrangers installent des usines de transformation dans le pays et s’associent à des entrepreneurs locaux. La présidente a résumé cette exigence en affirmant qu’il faut s’associer aux Namibiens de manière à faire partie intégrante de nous
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Les défis de l’emploi et la réalité des chiffres économiques
Cette offensive diplomatique et économique intervient alors que le marché du travail namibien fait face à des tensions sévères. Selon l’évaluation de 2026 du Fonds monétaire international (FMI), qui s’appuie sur des données de 2023, le taux de chômage global s’établit à 36,9 %, tandis que le chômage des jeunes atteint 44,4 %. De son côté, la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah a souligné l’urgence de la situation lors de ses interventions, rappelant qu’une large part de la population reste sans emploi.
Netumbo Nandi-Ndaitwah a déclaré selon IntelliNews : « Plus de 40 % de notre population est sans emploi. Et nous sommes assis sur une bombe à retardement, même lorsque vous avez votre mine là-bas, ce n’est pas sûr. »
L’Agence de la statistique de Namibie évalue pour sa part le chômage à 36,9 %, un chiffre qui grimpe à 54,8 % si l’on intègre la population active potentielle. Face à cette situation, l’économie namibienne est attendue sur une croissance de 2,1 % en 2026 selon les projections du FMI, un rythme jugé insuffisant pour absorber les besoins de la population.
Le poids stratégique des ressources et les ambitions de l’exécutif
Avec un peu plus de trois millions d’habitants, la Namibie détient des gisements d’une importance mondiale. Le pays se positionne comme le troisième producteur mondial d’uranium, ayant extrait 7 333 tonnes en 2024 — soit environ 12 % de la production minière mondiale, derrière le Kazakhstan et le Canada, d’après la World Nuclear Association. Le territoire abrite également des réserves de lithium, de terres rares, de cuivre et de graphite.
Pour concrétiser ces ambitions de valorisation, le pays doit toutefois surmonter d’importants obstacles infrastructurels. Le Plan national de développement (NDP6) relève une demande maximale d’électricité d’environ 656 mégawatts pour une capacité de production locale de 347 mégawatts en 2024, contraignant le pays à importer près de 63 % de sa consommation totale d’énergie. L’exécutif insiste donc sur le fait que chaque investissement doit non seulement créer des emplois directs dans l’exploitation minière, mais aussi stimuler l’approvisionnement local, le transport, la logistique et la formation des compétences avant même le lancement de la production à grande échelle.