Publié le 16 octobre 2025 à 14h20. La NASA explore une solution radicale pour établir une présence humaine durable sur la Lune : la construction d’habitats transparents à partir de la poussière lunaire, une avancée potentielle qui pourrait transformer l’exploration spatiale.
- La NASA étudie un projet de construction d’habitats lunaires transparents à partir de régolithe lunaire.
- Le projet, soutenu par le programme NIAC, vise à utiliser les ressources locales pour réduire les coûts et la complexité des missions spatiales.
- La technologie repose sur la transformation du régolithe en verre, façonné en dômes capables d’accueillir des astronautes et des installations scientifiques.
Un concept audacieux émerge des laboratoires de la NASA : imaginer des colonies lunaires non pas construites avec des matériaux acheminés depuis la Terre, mais façonnées directement à partir de la matière première locale. L’agence spatiale américaine explore la possibilité de créer des habitats transparents en utilisant le régolithe, ce mélange de poussière, de roche et de minéraux qui recouvre la surface lunaire.
Ce projet innovant s’inscrit dans le cadre du programme Concepts avancés et innovants de la NASA (NIAC), un programme dédié à l’exploration de technologies de rupture. L’objectif ultime est de jeter les bases du premier établissement permanent en dehors de notre planète.
La poussière lunaire transformée en verre
L’idée novatrice provient de Skyports, une société d’ingénierie spatiale américaine fondée par le Dr Martin Bermudez. Ce dernier a imaginé une méthode pour convertir le régolithe lunaire, riche en silicates, en verre. Ce verre serait ensuite façonné en bulles géantes et transparentes, capables de servir de logements, de laboratoires et de centres communautaires pour les astronautes.
« Nous ne pourrons jamais imiter complètement la Terre », a déclaré le Dr Bermudez.
Dr Martin Bermudez, fondateur de Skyports
« Mais c’est quelque chose qui pourrait même s’en rapprocher un jour, peut-être pourrons-nous le mettre en orbite. »
Le processus de fabrication débute par la collecte de particules de verre naturel présentes dans le régolithe lunaire. Ces particules sont ensuite chauffées jusqu’à fusion à l’aide d’un « four à micro-ondes intelligent », conçu pour fonctionner dans les conditions extrêmes de l’espace. Le matériau fondu est ensuite condensé en grosses bulles qui, une fois refroidies, se transforment en dômes de verre ultra-résistants.
Skyports a déjà mené des tests à petite échelle, créant avec succès des sphères de verre de plusieurs centimètres de diamètre en laboratoire. La prochaine étape consiste à augmenter la production pour créer des structures d’un diamètre pouvant atteindre 487 mètres (1 600 pieds), suffisamment vastes pour accueillir des habitats permanents.
Pour renforcer la durabilité du matériau, l’équipe de recherche envisage d’ajouter des métaux tels que le titane, le magnésium et le calcium au verre lunaire. Le matériau composite ainsi obtenu pourrait même être capable de s’auto-réparer grâce à des polymères spéciaux qui réorganisent la structure en cas de fissure, une caractéristique essentielle pour se protéger des micrométéorites et des vibrations sismiques lunaires.
La forme sphérique a été privilégiée pour des raisons techniques et d’efficacité. Elle offre une stabilité optimale pour résister à la pression interne et répartir les forces sur la surface.
« La forme de la boule se forme naturellement », a expliqué le Dr Bermudez.
Dr Martin Bermudez, fondateur de Skyports
« À haute température, le matériau devient un liquide amorphe et lorsqu’il est retiré du four par faible gravité, il forme lui-même une sphère. »
Un écosystème autonome à l’intérieur des dômes
L’intérieur de ces habitats est conçu pour être autonome et efficient. Tout, des murs aux meubles, pourrait être imprimé en 3D à partir de matériaux lunaires. Des panneaux solaires installés à l’extérieur fourniraient une source d’énergie propre. Certaines conceptions envisagent même des couches multiples de verre pour créer des gradients de température, permettant la condensation et la croissance de plantes. L’objectif est de créer un environnement capable de produire de l’oxygène et de la nourriture, assurant ainsi la survie à long terme des astronautes.
Pour la NASA, cette approche de construction in situ représente un avantage considérable. Le transport de matériaux depuis la Terre vers la Lune est extrêmement coûteux, l’utilisation des ressources locales constitue donc une solution plus économique et réaliste.
Le Dr Bermudez imagine déjà un avenir où ces « villes boules de verre » seraient reliées par des ponts transparents, formant un réseau continu d’habitats sur la surface lunaire.
« J’ai toujours été fasciné par l’espace », a-t-il déclaré.
Dr Martin Bermudez, fondateur de Skyports
« Ce projet combine l’architecture, la science et l’imagination pour rendre vraiment possible la vie dans un autre monde. »
En cas de succès, ce projet pourrait non seulement ouvrir la voie à une habitation durable sur la Lune, mais également servir de modèle pour la colonisation de Mars ou la construction de colonies en orbite.
Source: marca.com.
