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La nouvelle bulle : comment l’IA et l’investissement passif transforment le marché en poudrière

L'euphorie actuelle sur les marchés boursiers américains pourrait bien cacher une fragilité profonde, alimentée par une interdépendance croissante des géants technologiques et une dépendance à l'investissement passif. Des signaux d'alerte, notamment le lancement de nouveaux produits financiers à…

La nouvelle bulle : comment l’IA et l’investissement passif transforment le marché en poudrière

L’euphorie actuelle sur les marchés boursiers américains pourrait bien cacher une fragilité profonde, alimentée par une interdépendance croissante des géants technologiques et une dépendance à l’investissement passif. Des signaux d’alerte, notamment le lancement de nouveaux produits financiers à haut risque, suggèrent que le marché pourrait être au bord d’un retournement brutal.

La concentration des gains au sein d’un nombre limité d’entreprises, surnommées le « Magnificent Seven » (Mag 7), est un facteur clé de cette vulnérabilité. L’investissement passif, qui suit mécaniquement les indices boursiers, a amplifié la surperformance de ces valeurs à forte capitalisation au cours de la dernière décennie. Ce phénomène a permis à ces entreprises de consolider leur position en rachetant des concurrents, en attirant les meilleurs talents et en accédant à des financements à moindre coût pour poursuivre leurs rachats d’actions.

Cependant, la situation a évolué ces dernières années. Les revenus de ces géants technologiques sont désormais étroitement corrélés. Google (NASDAQ: GOOGL) et Meta (NASDAQ: META), par exemple, sont fondamentalement des entreprises publicitaires, dont les revenus dépendent de la visibilité de leurs annonces sur les appareils Apple (NASDAQ: AAPL) et des achats effectués sur Amazon. L’ensemble de ce système repose sur l’infrastructure cloud. Cette interdépendance, qui existait déjà, s’est renforcée avec l’essor de l’intelligence artificielle (IA).

Les investissements massifs dans l’IA illustrent cette convergence. Des exemples récents incluent l’engagement d’investir jusqu’à 100 milliards de dollars (environ 93 milliards d’euros) dans OpenAI pour le développement de son infrastructure, l’injection de 4 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d’euros) dans Anthropic par Meta, et l’annonce de dépenses de « centaines de milliards » (plusieurs centaines de milliards d’euros) de Meta pour des centres de données dédiés à l’IA. Nvidia (NASDAQ: NVDA), Apple et Oracle (NYSE: ORCL) sont également impliqués dans des partenariats stratégiques autour de l’IA, notamment via la coentreprise « Stargate » avec SoftBank.

En conséquence, la part des bénéfices du Mag 7 dans l’indice global a augmenté. Ces entreprises se nourrissent mutuellement de croissance, leurs bilans sont de plus en plus liés et leurs valorisations reposent sur des espoirs similaires. L’IA est devenue un catalyseur de cette corrélation, renforçant la dépendance entre ces acteurs majeurs.

Selon certains analystes, c’est cette combinaison de facteurs – l’investissement passif et l’euphorie autour de l’IA – qui transforme le marché en une bulle spéculative. Il ne s’agit pas tant d’une valorisation excessive en soi, mais plutôt de la manière dont les actions sont poussées à la hausse par des forces communes, tout en étant de plus en plus interconnectées et vulnérables à un choc externe.

Un autre signal d’alerte est le lancement imminent de 27 nouveaux fonds négociés en bourse (ETF) à effet de levier 3x et 5x sur des actions individuelles, notamment AMD, Amazon, Coinbase (NASDAQ: COIN), Meta, Microsoft (NASDAQ: MSTR), Nvidia, Palantir (NYSE: PLTR) et Tesla (NASDAQ: TSLA), ainsi que sur des cryptomonnaies comme le Bitcoin, l’Ether, Solana et XRP. Ces produits financiers, conçus pour amplifier les gains (ou les pertes), sont considérés comme particulièrement risqués et pourraient coïncider avec un sommet du marché.

« Nous pensons que cela pourrait coïncider avec un sommet du marché. Une grande prudence s’impose désormais… », avertissent les analystes, soulignant qu’il s’agit de leur plus grande appréhension depuis la crise financière mondiale de 2008 pour le S&P 500 au moins.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.