Des affrontements violents ont éclaté ce mercredi à Mexico entre des manifestants de la génération Z et les forces de l’ordre. Les jeunes protestataires dénoncent une supposée collusion entre le gouvernement et les cartels de la drogue, tandis que la présidente Claudia Sheinbaum accuse l’opposition d’orchestrer les troubles.
La manifestation, qui a débuté pacifiquement dans le centre-ville, a rapidement pris une tournure tendue sur le Zócalo, la place principale de la capitale mexicaine. Les manifestants ont réussi à briser les barrages métalliques érigés par le gouvernement pour les empêcher d’atteindre le palais présidentiel. La police a répliqué en utilisant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, sans toutefois parvenir à disperser la foule déterminée.
« Ils veulent que le gouvernement prenne leurs souffrances au sérieux. Ils veulent que le pacte qui, selon eux, existe entre les narcos et le gouvernement prenne fin aujourd’hui », a rapporté un témoin sur place.
Ces protestations font suite à l’assassinat, début novembre, du maire d’Uruapan, dans l’État du Michoacán. Cet élu, connu pour sa politique intransigeante contre le crime organisé, avait adopté une stratégie controversée consistant à ordonner à la police de tirer d’abord et de poser des questions ensuite. Il a été abattu en pleine rue le 1er novembre, jour des morts, déclenchant une vague de colère et d’appels à la justice dans sa ville.
Les manifestants réclament la démission de la présidente Sheinbaum, qu’ils accusent de complaisance envers les cartels. Ils dénoncent un « narco-gouvernement » et exigent une lutte plus ferme contre le crime organisé. Il s’agit des plus importantes manifestations antigouvernementales depuis l’investiture de Claudia Sheinbaum il y a plus d’un an.
Le gouvernement mexicain a qualifié la marche de « manipulation de l’opposition », affirmant que des manifestants étaient transportés en bus. Cependant, les observateurs soulignent la diversité des participants, représentant toutes les classes sociales et tous les âges. À ce stade, ces protestations représentent un premier test majeur pour la présidente Sheinbaum, dont le taux d’approbation se situe actuellement autour de 70 %.
