Home MondeLa plupart des Irlandais surestiment l’ampleur de l’immigration, selon une étude – The Irish Times

La plupart des Irlandais surestiment l’ampleur de l’immigration, selon une étude – The Irish Times

by Clara Dubois

Publié le 15 janvier 2026 à 06h01. Une étude de l’Institut de Recherche Économique et Sociale (ESRI) révèle que les Irlandais ont tendance à surestimer le nombre de migrants vivant dans le pays, une perception erronée souvent liée à des attitudes négatives envers l’immigration.

  • La majorité des Irlandais surestiment la proportion de la population née à l’étranger, estimant en moyenne 28 % alors que le chiffre officiel s’élève à 22 %.
  • Les participants à l’étude ont également tendance à surestimer le nombre de migrants non européens (estimé à 14 % contre 8 % en réalité) et à sous-estimer leur taux d’emploi et leur niveau d’éducation.
  • Cette perception biaisée de l’immigration est corrélée à des opinions plus défavorables et à une vision de l’immigration comme un problème national majeur.

Les Irlandais ont une vision souvent inexacte de la réalité de l’immigration, selon une nouvelle étude menée par l’ESRI et financée par le Ministère de la Justice. L’enquête, réalisée auprès de 1 200 adultes, met en lumière des écarts significatifs entre les perceptions et les données factuelles concernant la taille de la population immigrée, ses origines et ses motivations.

L’étude précise que les participants ont estimé que 14 % de la population était née en dehors de l’Union européenne, du Royaume-Uni et de l’Amérique du Nord, presque le double du chiffre réel de 8 %. Ils ont également sous-estimé les niveaux d’éducation et les taux d’emploi des immigrants, tout en surestimant la probabilité qu’ils bénéficient de logements sociaux ou soient incarcérés.

En matière de motifs d’immigration, les participants ont cru que moins de 20 % des migrants récents non européens venaient en Irlande pour travailler ou étudier, alors que la réalité est proche de 50 %. Ils ont correctement estimé que près de 28 % des nouveaux arrivants non européens provenaient d’Ukraine, mais ont surestimé le nombre de demandeurs d’asile provenant d’autres pays, à 20 % (contre un chiffre réel plus proche de 10 %).

Selon l’ESRI, ces perceptions erronées sont préoccupantes car elles sont « fortement associées à des attitudes négatives envers l’immigration ». L’institut souligne que « la surestimation de la part des migrants demandeurs d’asile et la sous-estimation de la migration pour le travail et l’éducation sont les plus fortement associées aux attitudes négatives ».

Le Dr Shane Timmons, chercheur principal à l’ESRI et auteur principal du rapport, a insisté sur la nécessité d’un débat public éclairé, fondé sur des faits précis.

« Même si la plupart des gens n’ont pas d’attitude négative à l’égard de l’immigration, ceux qui en ont ont tendance à fortement sous-estimer la contribution économique des migrants »

Dr Shane Timmons, chercheur principal à l’ESRI

Il a ajouté que la réalité est que le nombre de migrants en Irlande est inférieur à ce que l’on pense, et que beaucoup plus viennent pour travailler ou étudier.

L’ESRI suggère que l’attention médiatique et le discours public, souvent focalisés sur les demandeurs d’asile, pourraient contribuer à ces préjugés. L’institut met en garde contre le potentiel de ces « perceptions erronées susceptibles de fausser le débat public et d’accroître la vulnérabilité à la désinformation ».

Pour en savoir plus sur l’évolution récente de l’immigration en Irlande, consultez cet article du Irish Times concernant la baisse de 16 % de l’immigration, selon les données du CSO.

De nouvelles mesures concernant la réunification familiale des réfugiés ont également été annoncées, prévoyant un délai d’attente de trois ans avant de pouvoir faire venir conjoint et enfants. Plus d’informations sont disponibles ici.

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