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La police indienne fait une descente au domicile de militants écologistes suite à une campagne anti-énergies fossiles | Inde

Publié le 7 janvier 2026 19h32. Les autorités indiennes ont perquisitionné au domicile d'un militant écologiste influent, accusé de recevoir des fonds étrangers pour promouvoir un traité visant à réduire les combustibles fossiles, une initiative que New Delhi…

La police indienne fait une descente au domicile de militants écologistes suite à une campagne anti-énergies fossiles | Inde

Publié le 7 janvier 2026 19h32. Les autorités indiennes ont perquisitionné au domicile d’un militant écologiste influent, accusé de recevoir des fonds étrangers pour promouvoir un traité visant à réduire les combustibles fossiles, une initiative que New Delhi considère comme une menace pour sa sécurité énergétique et son développement économique.

  • La Direction de l’application de la loi (ED) a mené des perquisitions au domicile de Harjeet Singh et dans les locaux de son organisation, Satat Sampada.
  • L’ED affirme que près de 500 000 £ (environ 580 000 €) ont été versés à Singh et à son épouse pour soutenir le traité de non-prolifération des combustibles fossiles (FFNPT).
  • L’enquête a été ouverte suite à des renseignements recueillis lors de la COP30 au Brésil, et pourrait s’étendre à d’autres militants écologistes.

La Direction de l’application de la loi (ED), organisme dépendant du ministère indien des Finances, a annoncé avoir perquisitionné le domicile de Harjeet Singh, figure de proue du mouvement écologiste en Inde, ainsi que dans les propriétés de Satat Sampada (Nature Forever), l’organisation qu’il a cofondée avec sa femme, Jyoti Awasthi. L’enquête porte sur des soupçons de réception de fonds étrangers suspects, dissimulés sous des contrats de conseil.

Selon l’ED, ces fonds, d’un montant avoisinant les 500 000 £ (environ 580 000 €), étaient en réalité destinés à promouvoir le traité de non-prolifération des combustibles fossiles (FFNPT) en Inde. Ce traité international, initialement porté par les nations insulaires du Pacifique comme le Vanuatu et Tuvalu, vise à mettre fin à l’exploration de nouveaux gisements de combustibles fossiles et à éliminer progressivement leur utilisation. Il bénéficie actuellement du soutien de 17 gouvernements nationaux, de l’Organisation mondiale de la santé et du Parlement européen, ainsi que de nombreuses organisations de la société civile.

Les autorités indiennes craignent que l’adoption de ce traité ne puisse entraîner des contestations juridiques devant des instances internationales telles que la Cour internationale de justice (CIJ), et compromettre la sécurité énergétique et le développement économique du pays. Un responsable de l’ED, cité par le Hindustan Times, a précisé que l’enquête avait été déclenchée par des informations recueillies lors de la COP30 à Belém, au Brésil, en novembre dernier, et que d’autres militants pourraient être concernés.

Parallèlement aux perquisitions, la police locale a découvert une quantité importante de whisky dépassant les limites légales au domicile de Singh à Delhi. Ce dernier a été brièvement arrêté puis libéré sous caution lundi soir. L’ED enquête également sur les voyages effectués par Singh au Pakistan et au Bangladesh l’année dernière, et sur leurs sources de financement.

Dans un communiqué commun, Harjeet Singh et Jyoti Awasthi ont déclaré qu’ils n’étaient pas autorisés à divulguer les détails de l’affaire pour des raisons juridiques, mais ont fermement nié les accusations portées contre eux.

« Nous déclarons catégoriquement que les allégations rapportées sont sans fondement, biaisées et trompeuses. »

Harjeet Singh et Jyoti Awasthi, cofondateurs de Satat Sampada

Harjeet Singh est un acteur bien connu des négociations climatiques internationales, fort de plus de deux décennies d’expérience au sein d’organisations non gouvernementales telles qu’ActionAid et le Réseau Action Climat. L’enquête intervient dans un contexte de pression croissante exercée par le gouvernement de Narendra Modi sur les organisations de la société civile en Inde. Près de 17 000 licences autorisant la réception de financements étrangers ont été suspendues, entraînant la fermeture de nombreuses organisations.

L’ED accuse Satat Sampada d’avoir agi comme une façade, se présentant publiquement comme une entreprise commercialisant des produits biologiques, alors que son activité principale consisterait à canaliser des fonds étrangers pour diffuser des messages favorables au FFNPT. L’agence souligne que l’entreprise a fonctionné à perte jusqu’en 2021, date à laquelle les paiements provenant de groupes de campagne, enregistrés comme des « services de conseil » et des « ventes de produits agricoles », ont amélioré sa situation financière.

Selon l’ED, l’entreprise a fait des déclarations inexactes concernant la nature et l’objectif des fonds étrangers reçus. L’agence poursuit son enquête pour déterminer l’étendue des éventuelles infractions et évaluer si les activités financées étaient contraires à l’intérêt national, en particulier en matière de sécurité énergétique. Singh et Awasthi affirment avoir créé Satat Sampada avec leurs propres économies et des prêts garantis sur leur maison en 2016, et que les services de conseil se sont développés après le départ de Singh de son emploi à temps plein.

Ils soulignent que le travail et les contributions de Singh sont largement documentés dans les médias.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.