Publié le 28 novembre 2025 à 07h00 GMT+1. Une nouvelle étude révèle que la pollution atmosphérique peut atténuer les bienfaits cardiovasculaires et oncologiques de l’activité physique régulière, même si l’exercice reste bénéfique pour la santé.
- L’exposition à des niveaux élevés de particules fines (PM2,5) réduit l’effet protecteur de l’exercice contre la mortalité, en particulier pour les maladies cardiaques et le cancer.
- Les personnes pratiquant au moins 2,5 heures d’exercice modéré ou intense par semaine voient leur risque de décès réduit, mais cet avantage diminue significativement dans les zones polluées.
- Les chercheurs soulignent l’importance de combiner l’activité physique avec des efforts pour améliorer la qualité de l’air.
Si l’exercice physique est largement reconnu pour ses vertus sur la santé, une nouvelle analyse menée par des chercheurs de l’University College London (UCL) et d’autres institutions internationales démontre que ses effets bénéfiques peuvent être compromis par la pollution atmosphérique. L’étude, publiée dans la revue BMC Medicine, a examiné les données de plus de 1,5 million d’adultes suivis pendant plus de dix ans au Royaume-Uni, au Danemark, aux États-Unis, à Taïwan et en Chine.
Les chercheurs se sont concentrés sur les particules fines, ou PM2,5 (particules de diamètre inférieur à 2,5 micromètres). Ces polluants, issus de la combustion de combustibles fossiles, des émissions des véhicules et d’autres sources, sont particulièrement dangereux car ils peuvent pénétrer profondément dans les poumons et même atteindre le cerveau. Ils sont capables de traverser la barrière hémato-encéphalique et affecter le cœur et les poumons.
L’étude révèle que les personnes pratiquant au moins 2,5 heures d’exercice modéré ou vigoureux par semaine présentent un risque de mortalité réduit de 30 % par rapport à celles qui sont moins actives. Cependant, cet avantage diminue considérablement lorsque les niveaux de pollution atmosphérique dépassent 25 microgrammes par mètre cube d’air (µg/m³), passant à une réduction de seulement 12 à 15 %. Au-delà d’un seuil de 35 µg/m³, l’effet protecteur de l’exercice s’amenuise encore davantage. Or, selon l’étude, 36 % de la population mondiale vit dans des zones où les niveaux de pollution dépassent ce seuil.
« Notre étude montre que l’air toxique peut, dans une certaine mesure, bloquer les bienfaits de l’exercice, sans pour autant les éliminer. »
Andrew Steptoe, professeur de psychologie et d’épidémiologie à l’UCL
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les effets de la pollution de l’air sur la santé. D’autres recherches ont déjà établi un lien entre la pollution atmosphérique et les maladies respiratoires et cardiaques, ainsi que les troubles neurologiques tels que la maladie de Parkinson et la démence.
« Nous ne voulons pas décourager les gens de faire de l’exercice en plein air. Vérifier la qualité de l’air, choisir des itinéraires plus propres ou réduire l’intensité les jours pollués peut vous aider à tirer le meilleur parti de votre exercice pour la santé. »
Paola Zaninotto, professeur de statistiques médicales et sociales à l’UCL
Les chercheurs reconnaissent certaines limites à leur étude, notamment le fait que la majorité des données proviennent de pays développés. Ils soulignent que les résultats pourraient différer dans les régions à faible revenu, où les niveaux de pollution sont souvent plus élevés. De plus, l’étude ne disposait pas d’informations sur la qualité de l’air intérieur ni sur les habitudes alimentaires des participants, des facteurs qui pourraient également influencer les résultats. Cependant, les conclusions sont restées cohérentes même après avoir pris en compte des variables telles que le revenu, le niveau d’éducation, le statut de fumeur et l’état de santé général.
En conclusion, les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les efforts pour réduire la pollution atmosphérique à l’échelle mondiale, tout en encourageant l’activité physique régulière. Selon Andrew Steptoe, « Nous pensons que l’air pur et l’activité physique sont tous deux importants pour vieillir en bonne santé et nous encourageons donc de plus grands efforts pour réduire les niveaux de pollution nocifs pour la santé. »
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