Publié le 7 décembre 2025 à 21h39. Une vague de grippe précoce met déjà sous tension les services d’urgence anglais, alors que les hôpitaux peinent à faire face à une affluence croissante de patients et à un manque de personnel.
- Le nombre de patients grippaux hospitalisés a augmenté de 56 % par rapport à l’année dernière.
- Plus de 1 600 lits de soins généraux et aigus sont occupés quotidiennement par des patients atteints de la grippe.
- Le Royal College of Emergency Medicine (RCEM) dénonce un manque de planification et des problèmes structurels profonds au sein du système de santé.
L’Angleterre fait face à une situation préoccupante dans ses hôpitaux, alors qu’une vague de grippe, plus précoce que d’habitude, exerce une pression croissante sur les services d’urgence. Les données publiées ce jour par le NHS England, dans le cadre de ses premiers « rapports de situation » hebdomadaires de l’hiver, révèlent une augmentation significative du nombre de patients atteints de la grippe nécessitant une hospitalisation.
Selon ces chiffres, qui couvrent la période du 24 novembre au 30 novembre 2025, 1 649 lits de soins généraux et aigus de type 1 étaient occupés chaque jour par des patients grippaux, contre 1 060 l’année dernière. Cette augmentation de 56 % témoigne d’une situation qui se dégrade rapidement. Parallèlement, le nombre de lits supplémentaires fermés en raison des maladies saisonnières est également en hausse par rapport à 2024.
Si des améliorations mineures ont été constatées en ce qui concerne la rapidité des transferts d’ambulances, le nombre de patients considérés comme aptes à quitter l’hôpital mais en attente d’un placement approprié a augmenté, passant de 11 969 à 13 232 entre la même semaine de 2024 et 2025. Le taux d’occupation quotidien des lits dans les services d’urgence s’établit à 94,2 %, en légère amélioration par rapport aux 94,8 % de l’année précédente, mais reste à un niveau très élevé.
Le personnel hospitalier est également affecté, avec 51 924 absences constatées, soit une augmentation de 257 par rapport à la même période en 2024. Cette pénurie de personnel aggrave encore la situation et rend plus difficile la prise en charge des patients.
Le Dr Ian Higginson, président du RCEM, a exprimé son inquiétude face à cette situation :
« Une poussée précoce de grippe n’est pas quelque chose que nous choisirions de voir. Nos couloirs sont déjà remplis de patients extrêmement malades qui n’ont nulle part où aller, car il n’y a pas de lits disponibles pour les admettre. »
Dr Ian Higginson, président du RCEM
Il a également souligné que la grippe n’est pas le seul problème :
« Les choses étaient déjà terribles. Et l’hiver est prévisible. La grippe est également prévisible, et parfois ce sera une très mauvaise année. Cela ne sert à rien de blâmer des forces extérieures pour des problèmes profondément enracinés, alors que nous ne parvenons manifestement pas à planifier ces événements et que nous gérons nos hôpitaux dans un état de permacrise, de sorte qu’il ne reste plus aucune réserve. »
Dr Ian Higginson, président du RCEM
Le Dr Higginson a appelé à une reconnaissance de l’échec politique qui a conduit à cette situation et à une priorisation de la lutte contre les flux hospitaliers et les sorties retardées. Il a également plaidé pour des investissements à long terme et une meilleure planification pour faire face aux facteurs de stress prévisibles.
« Il est temps de reconnaître l’échec politique qui nous a laissés ici et de donner la priorité à la lutte contre le flux hospitalier et les sorties retardées. Il est temps d’investir dans des solutions à long terme et de planifier pour faire face aux facteurs de stress prévisibles, plutôt que d’être pris par surprise chaque année. »
Dr Ian Higginson, président du RCEM
Il a averti que la situation risque de se détériorer davantage, entraînant des temps d’attente plus longs pour les patients et un risque accru de décès. En savoir plus sur les initiatives de soutien aux hôpitaux.
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