Home DivertissementLa raison surprenante pour laquelle les girafes ont de si longues pattes : ScienceAlert

La raison surprenante pour laquelle les girafes ont de si longues pattes : ScienceAlert

by Antoine Girard

Publié le 8 novembre 2025 à 14h02. Le long cou de la girafe, emblème de l’Afrique, est depuis longtemps attribué à sa quête de nourriture en hauteur. Une nouvelle étude révèle cependant que l’évolution de ses longues pattes a joué un rôle crucial dans l’optimisation de son système circulatoire et de son bilan énergétique.

  • Le cœur d’une girafe adulte doit générer une pression artérielle supérieure à 200 mm Hg (soit plus du double de celle de la plupart des mammifères) pour irriguer son cerveau.
  • Des simulations ont montré qu’une girafe avec un cou long mais des pattes courtes consommerait beaucoup plus d’énergie pour pomper le sang, réduisant son efficacité énergétique.
  • Les longues pattes de la girafe permettent de rapprocher le cœur de la tête, réduisant ainsi l’effort de pompage et économisant jusqu’à 5 % d’énergie.

Depuis toujours, on attribue le cou exceptionnellement long de la girafe à sa capacité à atteindre les feuilles les plus tendres des acacias africains, inaccessibles aux autres herbivores. Cette adaptation lui confère un avantage certain en matière d’alimentation, lui permettant de se reproduire toute l’année et de mieux résister aux périodes de sécheresse. Mais cette particularité anatomique a un coût physiologique important.

Le cœur d’une girafe doit fournir une pression considérable pour propulser le sang sur plusieurs mètres jusqu’au cerveau. La tension artérielle d’un adulte dépasse généralement les 200 mm Hg, un chiffre bien supérieur à celui observé chez la plupart des mammifères. En conséquence, le cœur d’une girafe au repos consomme plus d’énergie que l’ensemble du corps humain au repos, et même plus que celui d’une girafe au repos, selon des données publiées dans le Journal of Experimental Biology.

Cependant, une nouvelle étude, publiée dans le Journal of Experimental Biology, révèle que la girafe dispose d’atouts insoupçonnés pour contrer les effets de la gravité : ses longues jambes. Les chercheurs ont quantifié le coût énergétique du pompage sanguin chez une girafe typique et l’ont comparé à celui d’un animal imaginaire, baptisé « elaffe », doté d’un cou de girafe mais de pattes courtes, comme celles d’un élan africain.

Les simulations ont démontré que l’« elaffe » consacrerait 21 % de son budget énergétique total à l’alimentation de son cœur, contre 16 % pour la girafe et seulement 6,7 % pour l’homme. En rapprochant son cœur de sa tête grâce à ses longues pattes, la girafe « économise » ainsi 5 % d’énergie. Sur une année, cette économie pourrait représenter plus de 1,5 tonne de nourriture, une différence cruciale pour la survie dans la savane africaine.

Les simulations fournissent une suggestion surprenante sur la raison pour laquelle les girafes ont de longues pattes
Les ancêtres des girafes ont développé de longues pattes avant leur long cou. (PeterVanDam/iStock/Getty Images Plus)

Selon le zoologiste Graham Mitchell, dans son ouvrage How Giraffes Work, les ancêtres des girafes avaient déjà de longues pattes avant de développer leur long cou. Cette configuration s’avère donc plus avantageuse d’un point de vue énergétique : les longues jambes facilitent la circulation sanguine, tandis que le long cou la rend plus difficile.

L’évolution des longues jambes a toutefois un inconvénient. Les girafes doivent écarter leurs pattes avant pour boire, ce qui les rend vulnérables aux prédateurs. Les statistiques indiquent qu’elles sont les mammifères proies les plus susceptibles de quitter un point d’eau sans avoir bu, comme le souligne une étude publiée dans Journal of Zoology.

Il existe une limite à la longueur du cou qu’un animal peut supporter. Un sauropode, comme le Giraffatitan, culminait à 13 mètres de haut dans le musée d’histoire naturelle de Berlin. Son cou, mesurant 8,5 mètres, nécessiterait une pression artérielle d’environ 770 mm Hg pour irriguer son cerveau, soit près de huit fois celle d’un mammifère moyen. Un tel effort serait probablement impossible, car le coût énergétique pour le cœur dépasserait celui de l’ensemble du corps, selon des recherches publiées dans American Journal of Physiology. Les dinosaures sauropodes ne pouvaient donc pas lever la tête aussi haut sans risquer de s’évanouir. Il est même peu probable qu’un animal terrestre, dans toute l’histoire de la planète, puisse dépasser la taille d’une girafe mâle adulte.

Simulation d'un corps de girafe avec des pattes de la taille d'un élan d'Afrique, un éléphant, tous les animaux représentés
L’« elaffe » imaginaire, avec le bas du corps d’un élan et le cou allongé d’une girafe, utiliserait encore plus d’énergie pour pomper le sang de son cœur jusqu’à sa tête. (Estelle Mayhew/Université de Prétoria)

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Roger S. Seymour, professeur émérite de physiologie, Université d’Adélaïde et Edward Snelling, Faculté des Sciences Vétérinaires, Université de Prétoria

Cet article est republié à partir de La conversation sous licence Creative Commons. Lire l’ article original.

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