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Publié le 13 octobre 2025 03:59:00. Des réinfections au Covid-19 multiplient par deux le risque de développer un Covid long chez les enfants et les adolescents, selon une vaste étude américaine. Ces résultats soulignent l’importance de la vaccination et des mesures de prévention pour limiter l’impact à long terme de la maladie.

  • Une deuxième infection au Covid-19 double le risque de Covid long chez les jeunes.
  • Ce risque accru est observé dans tous les groupes démographiques et cliniques.
  • Les séquelles potentielles incluent des problèmes cardiaques, respiratoires, neurologiques et rénaux.

Les enfants et les adolescents qui contractent le Covid-19 à plusieurs reprises présentent un risque significativement plus élevé de développer des complications à long terme, notamment des problèmes cardiaques et respiratoires. C’est la conclusion d’une étude de grande envergure, menée aux États-Unis sur plus de 460 000 jeunes patients.

L’étude, menée dans le cadre de l’initiative RECOVER (Researching Covid to Enhance Recovery) financée par les National Institutes of Health (NIH), a analysé les données anonymisées des dossiers médicaux électroniques de 40 hôpitaux pédiatriques américains. La période d’étude s’étend de janvier 2022 à octobre 2023, une période durant laquelle le variant Omicron et ses sous-lignées étaient dominants. Les résultats ont été publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases.

Les chercheurs ont constaté que le risque de développer un Covid long après une deuxième infection était plus que doublé par rapport à une première infection. Plus précisément, le taux d’incidence du Covid long était estimé à 904 cas pour un million d’enfants après une primo-infection, et à 1 884 cas pour un million après une deuxième infection. Le rapport de risque ajusté (aHR) pour le Covid long était supérieur à 2,0 après une réinfection, même après avoir pris en compte des facteurs tels que l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le statut vaccinal, les comorbidités préexistantes (comme le surpoids ou l’obésité) et la gravité initiale de la maladie.

Ce risque accru était constant dans tous les sous-groupes étudiés, ce qui suggère que tous les enfants et adolescents sont susceptibles de subir les conséquences d’une réinfection. Les réinfections étaient associées à un large éventail de séquelles, notamment la myocardite (inflammation du muscle cardiaque), des événements thromboemboliques (caillots sanguins), des lésions rénales aiguës, des difficultés neurocognitives, une fatigue persistante et des troubles respiratoires.

Les auteurs de l’étude soulignent que, bien que le risque absolu de ces complications reste faible, leur gravité potentielle est préoccupante.

« Ces résultats soulignent le risque continu de PASC (Séquelles post-aiguës de l’infection par le SRAS-CoV-2) avec réinfection, quelle que soit la gravité, et suggèrent que le risque de PASC pourrait être cumulatif avec chaque infection successive »

Auteurs de l’étude

Les chercheurs expliquent que ces résultats sont cohérents avec les données émergentes sur la diminution de l’immunité après une infection. Bien que la réponse des lymphocytes T reste stable, les concentrations d’anticorps neutralisants diminuent avec le temps, ce qui rend les individus plus vulnérables en cas de réinfection. Ils notent également que la protection conférée par les infections naturelles a diminué plus rapidement pendant l’ère Omicron, entraînant une augmentation des réinfections, en particulier chez les jeunes adultes âgés de 18 à 49 ans.

L’étude souligne la nécessité de mieux comprendre les risques de réinfection chez les enfants, un groupe de plus en plus touché mais relativement peu étudié dans ce contexte. Des recherches antérieures ont déjà mis en évidence des liens entre le Covid long chez les enfants et des anomalies dans les biomarqueurs protéomiques, le syndrome de POTS (intolérance orthostatique posturale), l’intolérance à l’exercice, des problèmes vasculaires et des troubles du système nerveux central.

Les chercheurs insistent sur le fait que, même si les vaccins contre le Covid-19 ne garantissent pas une immunité absolue contre l’infection, ils restent la stratégie la plus efficace pour réduire à la fois les infections primaires et répétées, et donc le risque de Covid long chez les enfants et les adolescents. Ils recommandent d’intensifier les efforts de vaccination et de maintenir des mesures de santé publique à plusieurs niveaux, en particulier dans les zones où la transmission du virus reste élevée.

L’initiative RECOVER poursuit ses recherches sur l’histoire naturelle, les facteurs de risque et la physiopathologie du Covid long, dans le but de développer des stratégies préventives et des thérapies efficaces pour les enfants et les adultes touchés.

En France, le Système national de surveillance des maladies à déclaration obligatoire a recensé 163 261 cas confirmés de Covid-19 jusqu’au 8 octobre 2025, dont 30 926 concernaient des personnes âgées de 19 ans ou moins. La tranche d’âge de 0 à 4 ans représente la majorité de ces cas (15 821). En 2024, 341 840 cas de Covid-19 ont été signalés, dont 52 588 chez les moins de 20 ans, avec une proportion similaire de cas dans la tranche d’âge 0-4 ans (25 357).

The Lancet Infectious Diseases, septembre 2025

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Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.
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