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La relégation-promotion du WorldTour est un désastre

Mis à jour le 16 octobre 2025 à 11h42. La lutte pour les licences WorldTour atteint son paroxysme alors que plusieurs équipes cyclistes se battent pour leur place dans l'élite du sport, un système inspiré du football qui…

La relégation-promotion du WorldTour est un désastre

Mis à jour le 16 octobre 2025 à 11h42. La lutte pour les licences WorldTour atteint son paroxysme alors que plusieurs équipes cyclistes se battent pour leur place dans l’élite du sport, un système inspiré du football qui suscite autant d’enthousiasme que de critiques.

  • Quatre équipes se disputent les 18 dernières places au classement sur trois ans, déterminant leur accès au WorldTour.
  • Le système de relégation-promotion, instauré par l’UCI, vise à responsabiliser les équipes et à offrir une voie aux formations émergentes.
  • Malgré cette réforme, les problèmes structurels du cyclisme, notamment la répartition des revenus entre organisateurs et équipes, restent non résolus.

La fin de la saison 2025 est cruciale pour plusieurs équipes cyclistes. Elles sont engagées dans une course effrénée pour accumuler des points et sécuriser une place dans le prestigieux WorldTour, la première division du cyclisme professionnel. En jeu, bien plus que le prestige : l’avenir même de ces équipes, leur capacité à attirer des sponsors et à conserver leurs coureurs vedettes.

Ce système de relégation-promotion, inspiré du football, a été mis en place par le président de l’Union Cycliste Internationale (UCI), David Lappartient, à partir de 2020. L’objectif affiché est de dynamiser le cyclisme en introduisant une compétition accrue et en récompensant la performance sportive. Cependant, cette réforme ne fait pas l’unanimité et soulève des questions quant à son efficacité réelle.

Pour les équipes de premier plan, l’enjeu principal est de garantir leur participation au Tour de France et au Tour de France Femmes. Ces deux compétitions transcendent le sport et captivent un large public, offrant une visibilité inégalée aux participants. Comme le souligne un observateur du milieu, « tout le monde sait qui a remporté le maillot jaune », une reconnaissance qui dépasse largement celle du vainqueur du WorldTour.

Au-delà de la course aux points, le système de relégation-promotion met en lumière les tensions persistantes entre l’ASO, l’organisation propriétaire du Tour de France, et les équipes cyclistes. Depuis les années 1990, ces dernières revendiquent une plus grande part des revenus générés par le sport. L’UCI espère, avec cette réforme, apaiser ces tensions et trouver un équilibre entre les différents acteurs du cyclisme.

À l’heure actuelle, quatre équipes se battent pour les 18 dernières places au classement sur trois ans. Uno-X, une équipe scandinave en pleine ascension, pourrait bénéficier d’une éventuelle fusion entre Intermarché-Wanty et Lotto, qui créerait une place supplémentaire dans le WorldTour. L’équipe Uno-X accuse un retard d’environ 600 points, mais pourrait encore renverser la situation grâce à des victoires ou de bons résultats dans une course par étapes.

Les équipes françaises Team Cofidis et Arkéa B&B semblent, quant à elles, les plus menacées de relégation, occupant actuellement les 20e et 21e places du classement. L’avenir d’Arkéa B&B est particulièrement incertain, l’équipe risquant de perdre le soutien de ses principaux sponsors.

Les conséquences de la relégation peuvent être dramatiques pour les équipes concernées. Des coureurs pourraient se retrouver sans contrat, des emplois seraient menacés et des dirigeants pourraient être limogés, comme Cédric Vasseur, le patron de Cofidis, qui a déjà été remercié. Pour les 60 à 80 personnes qui composent chaque équipe – coureurs, soigneurs, directeurs sportifs, mécaniciens – la semaine à venir sera décisive.

Cependant, il est important de souligner que l’obtention d’une licence WorldTour ne garantit pas de revenus supplémentaires. Contrairement au football, où la promotion en première division s’accompagne de droits de télévision considérables, les équipes cyclistes doivent payer des cotisations annuelles à l’UCI pour conserver leur statut.

Malgré ses imperfections, le système de relégation-promotion a l’avantage de responsabiliser les équipes et de les inciter à performer tout au long de la saison. Chaque point compte, et chaque course devient cruciale. Comme le souligne un expert, « désormais, chaque équipe doit courir comme si son existence en dépendait, car c’est le cas ».

Néanmoins, cette réforme ne résout pas les problèmes fondamentaux du cyclisme, notamment la domination de l’ASO et la concentration des richesses entre les mains des équipes les plus puissantes. Le véritable enjeu reste de savoir qui contrôle le sport et qui en profite.

Les victoires ne sont pas venues pour Cofidis et l’équipe risque la relégation. (Photo : Tim de Waele/Getty Images)
Un-X
Uno-X a été en hausse toute la saison. (Photo : Chris Auld/Vélo)
Girmay
Une saison sans victoire de Girmay n’a pas aidé la fortune d’Intermarché-Wanty. (Photo : MARCO BERTORELLO/AFP via Getty Images)
Tour de France
ASO produit toujours une grande partie de la puissance dans les courses professionnelles. (Photo: JULIEN DE ROSA/AFP via Getty Images)
Visma Pogacar
Les équipes les plus riches dominent plus que jamais. (Photo : Bernard PAPON / AFP)

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.