Les marchés des changes attendent avec impatience les décisions de politique monétaire de la Banque du Canada et de la Réserve fédérale américaine, qui pourraient redéfinir les trajectoires des devises pour les mois à venir. L’attention se concentrera particulièrement sur la conférence de presse de la Fed, où le président Jerome Powell devrait donner des indications cruciales sur l’orientation future de la politique monétaire américaine.
Bien que les échanges aient été relativement calmes en début de semaine, une volatilité accrue est anticipée. La tendance générale reste légèrement haussière, mais un repli à court terme n’est pas exclu, notamment si la Fed opte pour une baisse de taux plus agressive que prévu, encouragée par des données économiques américaines en légère amélioration ces dernières semaines. Les chiffres de l’emploi, par exemple, ont surpris à la hausse, offrant un certain soutien au dollar américain.
L’euro a connu une progression modérée jusqu’à un récent tassement. Avant la décision de la Fed, la paire EUR/USD se stabilise autour de 1,1650 après avoir brièvement dépassé le seuil de 1,15. Plusieurs facteurs macroéconomiques limitent toutefois le recul de la monnaie unique.
La baisse des prix de l’énergie, due à la production excédentaire de l’OPEP+, exerce une pression à la baisse sur le pétrole brut. Aux États-Unis, les prix de l’essence sont tombés à leur plus bas niveau depuis près de cinq ans, atteignant en moyenne 2,90 $ le gallon. Cette situation n’est généralement pas favorable au dollar, car les États-Unis sont un important exportateur de pétrole.
La baisse des coûts énergétiques offre un certain répit aux économies importatrices de pétrole, comme la zone euro, même si tous les pays ne bénéficient pas de cet effet (le yen japonais et la roupie indienne, par exemple, n’ont pas connu le même soutien). Par ailleurs, les pourparlers de paix en cours concernant le conflit en Ukraine contribuent à apaiser les tensions géopolitiques, ce qui se traduit par un regain de la paire EUR/CHF, qui a atteint son plus haut niveau depuis la fin de l’été.
Enfin, une légère amélioration des indicateurs économiques de la zone euro a mis fin aux spéculations sur de nouvelles baisses de taux de la part de la Banque centrale européenne (BCE). Les mesures de relance budgétaire annoncées par l’Allemagne devraient également stimuler la croissance économique de la zone euro à partir de 2026, réduisant ainsi les facteurs de risque pesant sur l’euro.
La semaine sera riche en réunions de banques centrales. Après la Banque de réserve d’Australie, qui a signalé la fin de son cycle d’assouplissement monétaire, la Banque du Canada devrait maintenir sa politique inchangée aujourd’hui, tout en laissant entrevoir une possible hausse des taux en 2026. La semaine prochaine, la BCE, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon se réuniront également.
L’événement le plus important reste cependant la réunion de la Réserve fédérale américaine, qui devrait annoncer une nouvelle baisse de taux de 25 points de base. Cependant, cette baisse est largement anticipée par les marchés. L’attention se portera donc sur le ton adopté par la Fed concernant les perspectives de taux pour 2026 et au-delà.
Les données économiques américaines mitigées ont apporté un léger soutien à l’indice du dollar. L’incertitude plane toutefois, notamment en raison de la récente fermeture partielle de l’administration américaine, qui a retardé la publication de données clés. Les marchés s’attendent néanmoins à un message plus accommodant de la part de la Fed que de la part des autres grandes banques centrales.
Si Jerome Powell et ses collègues ne confirment pas les 70 à 80 points de base d’assouplissement monétaire prévus pour 2026, le dollar américain pourrait rebondir, au moins temporairement. L’attention se déplacera alors vers la gouvernance de la Fed, le mandat de l’actuel président Powell arrivant à échéance début 2026. Kevin Hassett est considéré comme le principal candidat pour lui succéder, et il est généralement perçu comme un « faucon », ce qui pourrait maintenir une pression à la baisse sur les taux d’intérêt américains et donc sur le dollar.
Ainsi, même si une appréciation à court terme du dollar américain est possible, la tendance à long terme pourrait rester baissière, favorisant une trajectoire positive pour la paire EUR/USD.
Sur le plan technique, l’EUR/USD semble avoir trouvé un support autour de 1,1500, bien que l’élan soit faible en raison de la prudence avant les réunions des banques centrales et du léger soutien au dollar. Des niveaux de support supplémentaires se situent à 1,1600, 1,1550 et 1,1500. À la hausse, la fourchette de 1,1650 à 1,1680 constitue une résistance à court terme. Une cassure de ce niveau pourrait ouvrir la voie à 1,1700, avec un objectif haussier plus important à 1,1800.
En définitive, la capacité de l’EUR/USD à dépasser 1,18 dépendra largement de la réaction des marchés à la Fed. Une surprise accommodante pourrait effectivement ouvrir la voie à une nouvelle hausse. Cependant, il est probable que Jerome Powell adopte un ton plus ferme, ce qui pourrait entraîner un renforcement temporaire du dollar américain, avant que les investisseurs ne se recentrent sur les banques centrales plus agressives à l’étranger et sur la perspective d’un président de la Fed plus conciliant en 2026.
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