À un mois du coup d’envoi des Jeux olympiques de la jeunesse à Dakar prévu du 31 octobre au 13 novembre 2026, l’événement historique pour l’Afrique se heurte aux préoccupations économiques des habitants, entre coût de la vie élevé et efforts d’anticipation des services publics.
Cette première historique pour l’Afrique s’apprête à se concrétiser dans la capitale sénégalaise, malgré un climat économique et social marqué par de vives tensions.
Les difficultés économiques et le coût de la vie au cœur des préoccupations à Dakar
À l’approche de la compétition, les urgences quotidiennes des habitants contrastent avec la portée historique de l’événement. Le Sénégal traverse une période délicate marquée par la découverte en 2024 d’une dette cachée
héritée de l’administration de l’ancien président Macky Sall, qui a exercé de 2012 à 2024. Cette situation a érodé la confiance des partenaires économiques internationaux, bien que le pays ait récemment trouvé un accord de principe avec le Fonds monétaire international sur un programme de 2,2 milliards de dollars, soit 1,94 milliard d’euros, en attente de finalisation d’après le reportage de France 24.
Dans les rues et les marchés de la capitale, l’accueil réservé au passage de la flamme olympique reflète ces priorités financières immédiates.

D’autres résidents partagent ce constat amer face aux dépenses consenties pour les infrastructures sportives. Le budget de l’année 2026 attribue environ 139 millions d’euros au programme d’aménagement des JOJ, tandis que l’Agence française de développement a octroyé un prêt de 80 millions d’euros pour réhabiliter et créer des installations de proximité.
Ces Jeux, nous aurions vraiment pu nous en passer au vu de la situation actuelle du pays, ou du moins les reporter. Les gens souffrent.
Ibrahima Samb, serveur à Dakar, cité par France 24
Convention signée pour la distribution de l’eau et travaux d’aménagement urbain
Le comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse a officialisé une convention de partenariat avec la Société nationale des eaux du Sénégal et SEN’EAU comme l’indique l’Agence de Presse Sénégalaise. Signé à Dakar, cet accord vise à anticiper les besoins en eau et à garantir la continuité de la distribution pendant la phase préparatoire et le déroulement des épreuves.
Le coordonnateur général du COJOJ, Ibrahima Wade, a souligné que cette formalisation répond aux orientations présidentielles axées sur la coordination et l’anticipation des difficultés. De son côté, le directeur général de la SONES, Abdoul Niang, a précisé que l’organisme accorde une attention particulière au triangle démographique reliant Dakar, Thiès et la Petite Côte, secteur qui concentre les infrastructures d’accueil et sportives. Les travaux complémentaires de raccordement orchestrés par la SONES pour l’événement ont nécessité un investissement de 25 millions de francs CFA.

Impacts sociaux des chantiers et espoirs d’un regain d’activité pour les petits commerces
Les transformations urbaines et les travaux de rénovation menés depuis plusieurs mois à Dakar n’ont pas été sans conséquences pour l’économie informelle. Plusieurs vendeurs à la sauvette ont fait l’objet de mesures de déguerpissement des trottoirs afin de nettoyer l’espace public.
Cependant, le secteur entrepreneurial et artisanal entrevoit des retombées positives potentielles. Au village artisanal de Soumbédioune, situé sur la Corniche dakaroise, l’afflux des délégations étrangères insuffle un vent d’optimisme parmi les sculpteurs et les commerçants qui misent sur l’arrivée des visiteurs internationaux.
Les compétitions se dérouleront du 31 octobre au 13 novembre 2026, date à laquelle le pays saura si les retombées économiques escomptées par les acteurs du tourisme et du commerce parviennent à compenser les tensions sociales actuelles.