Home NouvellesLa résolution du Conseil de sécurité sur Gaza fait de Trump son nouveau suzerain

La résolution du Conseil de sécurité sur Gaza fait de Trump son nouveau suzerain

by Nicolas Lefèvre

Une résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 17 novembre suscite de vives inquiétudes quant à son potentiel impact négatif sur les droits des Palestiniens et ouvre la voie à une intervention américaine accrue à Gaza. Critiquée pour son manque de conformité avec les règles fondamentales de l’ONU, cette résolution pourrait, selon des observateurs, inverser les progrès réalisés en matière de reconnaissance des droits palestiniens et de responsabilisation d’Israël.

La résolution autorise potentiellement le déploiement d’une force internationale de « stabilisation » commandée par les États-Unis à Gaza, sans mandat clair de protection des civils ni de respect des principes du droit international. Elle confère également un pouvoir considérable à une entité dirigée par l’ancien président américain Donald Trump et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, qui superviserait la reconstruction, l’aide humanitaire et le contrôle des accès à la bande de Gaza.

Le texte, adopté avec un large consensus, ne mentionne ni les responsabilités d’Israël dans les crimes commis à Gaza, ni la nécessité d’arrêter les livraisons d’armes à Israël, principalement en provenance des États-Unis. Selon l’UNICEF, en moyenne, deux enfants palestiniens sont tués chaque jour depuis le cessez-le-feu.

Des experts soulignent que la résolution ne s’appuie sur aucun des fondements juridiques requis pour autoriser le recours à la force, notamment le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Elle ne fait aucune référence à ce chapitre, ni à aucune disposition permettant à l’ONU de déléguer un pouvoir aussi étendu à un seul État.

Cette situation est perçue comme un précédent dangereux, rappelant les méthodes utilisées par les États-Unis en 1991 pour obtenir le soutien du Conseil de sécurité à une intervention militaire au Koweït. Cependant, même dans ce cas, la résolution faisait explicitement référence au Chapitre VII et prévoyait un contrôle international, contrairement à la situation actuelle où le plan est préétabli par l’administration Trump.

La résolution a été critiquée pour son manque de transparence et de débat public. Elle semble avoir été rédigée par l’équipe de Trump, s’inspirant directement de son plan de « paix » en 20 points, et sans réelle contribution des autres membres du Conseil de sécurité ou des représentants palestiniens.

Face à cette situation, des appels sont lancés pour que l’Assemblée générale de l’ONU demande un avis consultatif à la Cour internationale de Justice sur la légalité de la résolution. Par ailleurs, il est souligné la nécessité de renforcer les mouvements de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et de faire pression sur les gouvernements pour qu’ils mettent fin aux livraisons d’armes à Israël et respectent le droit international.

Aux États-Unis, des efforts sont en cours pour obtenir davantage de coparrainages au projet de loi visant à bloquer les expéditions d’armes à Israël et pour encourager le Congrès à mettre fin à ce soutien militaire. Il est également essentiel de continuer à sensibiliser l’opinion publique et à changer le discours médiatique sur la question.

Enfin, il est souligné que la résolution du Conseil de sécurité ne doit pas être ignorée, mais plutôt considérée comme un défi à relever. Si un nombre suffisant de pays décident de ne pas se conformer à ses termes et mettent en place des embargos sur les armes et d’autres sanctions, Israël pourrait être contraint de revoir sa politique.

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