Publié le 1er janvier 2026 à 01h18. Le réalisateur chinois Bi Gan repousse les limites du cinéma avec Résurrection, un film onirique et expérimental qui explore la relation entre rêves, mémoire et la perception du temps, et qui promet une expérience cinématographique immersive et déroutante.
- Résurrection est structuré en cinq vignettes, chacune explorant un genre cinématographique différent et sollicitant les sens du spectateur de manière inhabituelle.
- Le film aborde le thème de l’immortalité et de la perte des rêves, avec des personnages traqués pour leur capacité à rêver.
- Bi Gan utilise des plans-séquences audacieux, dont un plan unique de 160 minutes, pour créer une expérience cinématographique unique.
Bi Gan, connu pour ses films ambitieux et visuellement époustouflants comme Un long voyage d’une journée vers la nuit (2018), qui se termine par un plan-séquence de 56 minutes en 3D, et Être floué (2015), avec son propre plan ininterrompu de 41 minutes, continue d’explorer les possibilités narratives et esthétiques du cinéma. Avec Résurrection, il ne se contente pas de filmer des rêves, il cherche à les capturer et à les partager avec le public.
L’intrigue de Résurrection se déroule dans un futur proche où les humains ont cessé de rêver, considérant le rêve comme un obstacle à l’immortalité. Ceux qui continuent de rêver, appelés « Délirants », sont pourchassés par des « chasseurs » capables de pénétrer dans leurs rêves pour les éliminer. Au centre de l’histoire se trouve un puissant Délirant qui se cache depuis plus d’un siècle, se dissimulant dans ses propres rêves.
Le film suit le parcours d’un personnage interprété par Jackson Yee à travers cinq mondes imaginaires, chacun représentant un genre cinématographique différent. Le premier segment évoque le cinéma muet expressionniste allemand, suivi d’un film noir brumeux, d’une fable néo-réaliste, d’une scène qui stimule l’odorat et enfin, d’un thriller policier moderne mêlé à une histoire d’amour vampirique, le tout culminant dans un plan-séquence spectaculaire.

Bi Gan ne se contente pas de raconter une histoire, il cherche à engager les sens du spectateur de manière synesthésique. Dans un segment, un escroc (joué par Jackson Yee) apprend à une jeune orpheline à compter les cartes en les sentant, illustrant la capacité du cinéma à créer des illusions et à manipuler la perception de la réalité. Comme le déclare le Délirant, cité dans le film :
« Les illusions peuvent apporter de la douleur, mais elles sont incroyablement réelles ! »
Délirant
La bande originale de M83, oscillant entre compositions classiques et sonorités rétro-futuristes, contribue à l’atmosphère onirique et immersive du film. Ensemble, Bi Gan et son directeur de la photographie, Dong Jinsong, offrent une œuvre visuellement riche et texturée, témoignant de leur amour du cinéma et de leur volonté de repousser ses limites.

Résurrection sera présenté aux Living Room Theatres, 341 SW 10th, et au Cinemark Century Eastport Plaza 16, 4040 SE 82nd, à partir du jeudi 1er janvier, pour une durée de 156 minutes. Le film est classé R.
