Publié le 27 novembre 2025 à 20h03. La tentation est grande : appuyer sur le bouton « snooze » pour quelques minutes de sommeil supplémentaires. Pourtant, selon les neurologues, cette habitude, loin d’être inoffensive, peut perturber profondément votre organisme et vous faire commencer la journée plus fatigué qu’avant.
- Le « snooze » perturbe les cycles de sommeil et augmente le stress.
- Ce bref retour au sommeil est de mauvaise qualité et provoque une « inertie du sommeil » pouvant durer des heures.
- Les experts recommandent de se lever dès le premier réveil ou de régler l’alarme directement sur l’heure de lever souhaitée.
Il est tentant de céder à l’appel des couvertures chaudes lorsque le réveil sonne. Ces neuf minutes supplémentaires de sommeil semblent anodines, mais les spécialistes du sommeil mettent en garde : cette pratique peut saboter votre énergie et votre bien-être. Au lieu de vous reposer, vous pourriez en réalité vous infliger un stress inutile.
Selon les experts, ce sommeil fragmenté est de qualité médiocre. Le corps ne se ressource pas, mais est au contraire soumis à une forme de stress. Conséquence : vous vous réveillez plus épuisé et d’humeur maussade que si vous aviez quitté le lit dès la première sonnerie.
L’inertie du sommeil : un cerveau embrouillé
Lorsque votre alarme retentit pour la première fois, votre corps entame son processus de réveil. La température corporelle augmente légèrement et des hormones sont libérées pour vous rendre plus alerte. Vous êtes prêt à affronter la journée. En vous rendormant, vous envoyez un signal contradictoire à votre cerveau.
Vous replongez dans un nouveau cycle de sommeil. Or, un cycle de sommeil complet dure normalement entre 75 et 90 minutes. Lorsque l’alarme se déclenche à nouveau après neuf minutes, vous vous forcez à interrompre une phase de sommeil profond (sommeil paradoxal) que vous venez tout juste d’entamer.
Les spécialistes appellent ce phénomène l’inertie du sommeil. Il se manifeste par une sensation de lourdeur, de confusion et de torpeur. Cette sensation ne disparaît pas en quelques minutes et peut persister jusqu’à quatre heures, vous laissant démarrer votre journée avec un retard neurologique.
Un coup au cœur
Outre la perturbation du cerveau, appuyer sur le bouton « snooze » représente également un choc physique. Le chercheur en sommeil Matthew Walker compare cette pratique à une crise cardiaque. À chaque sonnerie de l’alarme, le corps libère une dose d’hormones de stress (cortisol et adrénaline) et le rythme cardiaque s’accélère, déclenchant la réponse classique de « combat ou fuite ».
Si vous appuyez sur la répétition à trois reprises, vous soumettez votre corps à une succession de pics de stress en l’espace de trente minutes. Au lieu d’un réveil en douceur, vous commencez la journée avec une série de micro-crises de panique sur votre système nerveux.
Les conseils des professionnels
Le conseil des médecins du sommeil est sans appel : oubliez le bouton « snooze ». Réglez votre alarme uniquement à l’heure où vous devez absolument vous lever. Si vous avez l’habitude de la régler à 7h00 et de la reporter jusqu’à 7h30, programmez-la directement à 7h30. Cette demi-heure de sommeil continu est bien plus bénéfique que trois séquences de neuf minutes de sommeil stressant.
Difficile de résister ? Placez votre téléphone de l’autre côté de la pièce. Vous devrez alors sortir du lit pour l’éteindre. Une fois debout, la tentation de replonger dans les bras de Morphée sera bien moins forte. Après quelques jours, vous vous sentirez plus éveillé et alerte que jamais.