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La société pétrolière TotalEnergies a fait des déclarations vertes trompeuses, selon une décision de justice | Environnement

Publié le 20 mars 2024. La justice française a condamné TotalEnergies pour des pratiques commerciales trompeuses concernant ses engagements environnementaux, une première pour une entreprise du secteur des énergies fossiles. Cette décision intervient alors que la société continue…

La société pétrolière TotalEnergies a fait des déclarations vertes trompeuses, selon une décision de justice | Environnement

Publié le 20 mars 2024. La justice française a condamné TotalEnergies pour des pratiques commerciales trompeuses concernant ses engagements environnementaux, une première pour une entreprise du secteur des énergies fossiles. Cette décision intervient alors que la société continue d’investir massivement dans le gaz, malgré les avertissements sur le climat.

  • TotalEnergies a été reconnu coupable d’avoir induit en erreur les consommateurs sur sa politique climatique.
  • Le tribunal a ordonné à l’entreprise de supprimer certaines affirmations de son site web concernant la neutralité carbone et son rôle dans la transition énergétique.
  • Des amendes quotidiennes sont prévues en cas de non-respect de la décision.

Un tribunal parisien a jugé que TotalEnergies s’était livré à du « greenwashing », c’est-à-dire à des pratiques commerciales trompeuses visant à exagérer ses efforts en faveur de l’environnement. L’affaire a été portée devant la justice par plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), dont Greenpeace France et les Amis de la Terre France.

Le tribunal a donné à TotalEnergies un mois pour retirer les déclarations jugées trompeuses de son site internet, sous peine d’une amende de 10 000 € (8 700 £) par jour. L’entreprise devra également publier le jugement sur son site web, également sous peine d’amende, et verser 8 000 € à chacune des trois ONG plaignantes, ainsi que 15 000 € pour leurs frais de justice.

Justine Ripoll, responsable de campagne à l’ONG Notre Affaire à Tous, a salué cette décision comme une avancée majeure :

« La justice française s’attaque enfin à l’impunité du greenwashing des combustibles fossiles dont Total a bénéficié jusqu’à présent. Cela envoie un message clair : la désinformation climatique n’est pas une stratégie commerciale acceptable. »

TotalEnergies a déclaré prendre acte du jugement, précisant que la plupart des plaintes à son encontre avaient été rejetées. L’entreprise, qui dispose d’une capacité renouvelable installée de 35 GW et vise 100 GW d’ici 2030, a souligné que la décision ne concerne que les déclarations générales figurant sur le site internet de la société mère, TotalEnergies SE, et non les campagnes publicitaires de TotalEnergies Electricité et Gaz France.

Malgré ses ambitions en matière d’énergies renouvelables, TotalEnergies continue de privilégier le gaz fossile dans sa stratégie, le considérant comme un élément « essentiel » de sa production énergétique. L’entreprise se décrit comme une entreprise multi-énergies visant à « produire de manière responsable, rentable et durable l’énergie dont nous avons tous besoin dans notre vie quotidienne ».

Cette action en justice avait été initiée en 2022 en réaction à une campagne visant à changer le nom de l’entreprise, anciennement connue sous le nom de Total.

Le tribunal a également ordonné à TotalEnergies de retirer les affirmations selon lesquelles elle plaçait le développement durable au cœur de sa stratégie et qu’elle « contribuait au bien-être des populations » conformément aux objectifs de développement durable de l’ONU.

En revanche, les juges ont rejeté l’accusation de greenwashing concernant les allégations de l’entreprise relatives aux gaz fossiles et aux biocarburants, estimant que ces déclarations avaient une vocation informative plutôt que commerciale, même si certaines affirmations étaient contestables.

Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation judiciaire des entreprises de combustibles fossiles pour des allégations environnementales jugées trompeuses, notamment aux Pays-Bas et en Allemagne, où des compagnies aériennes ont déjà été condamnées pour des pratiques similaires.

Selon un rapport historique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en 2022, les infrastructures de combustibles fossiles existantes et planifiées sont suffisantes pour dépasser l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. L’Agence internationale de l’énergie estime également qu’« aucune nouvelle exploration pétrolière ou gazière » n’est compatible avec un scénario visant à maintenir le réchauffement planétaire à ce niveau.

Jonathan White, avocat de ClientEarth, qui soutient les ONG, a déclaré que TotalEnergies semblait poursuivre ses projets pétroliers et gaziers malgré les avertissements des experts climatiques :

« Ce jugement historique envoie un signal d’alarme clair aux autres majors pétrolières et gazières en Europe et au-delà. Prétendre faire partie de la transition tout en soutenant de nouveaux projets liés aux énergies fossiles a un prix légal éprouvé. »

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.