Washington – La cérémonie des Kennedy Center Honors, traditionnellement apolitique, a pris une tournure singulière hier soir, marquée par la présence de Donald Trump et une atmosphère étrange, oscillant entre le triomphe espéré et une réalité déconcertante. L’événement, qui célébrait Gloria Gaynor, Michael Crawford, Sylvester Stallone, George Detroit et le groupe Kiss, a laissé les observateurs perplexes face à un mélange improbable d’hommages et d’apparitions inattendues.
L’ancien président a insisté sur le fait qu’il allait « être lui-même » lors de la soirée, et n’a pas manqué à sa promesse. S’adressant au public, il a lancé : « Beaucoup d’entre vous sont des gens misérables et horribles. J’aimerais que vous abandonniez, mais vous ne le faites pas. » Il a également comparé Sylvester Stallone à Orson Welles, suscitant quelques sourires incrédules.
La soirée a été émaillée d’anecdotes surprenantes. Un « créateur de contenu » a présenté un hommage à Gloria Gaynor, tandis que l’absence de célébrités hollywoodiennes notables était frappante. Le tapis rouge a vu défiler des personnalités politiques comme Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur, qui a affirmé que Trump était « le seul président que nous ayons eu qui serait capable d’intervenir et d’animer une émission comme celle-ci ». Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, a quant à lui simplement déclaré qu’il « aimait Le Fantôme de l’Opéra ».
Les hommages eux-mêmes ont été contrastés. L’interprétation de « La musique de la nuit », tirée de Le Fantôme de l’Opéra, par Laura Osnes et David Phelps, a été particulièrement remarquée, ce dernier étant connu pour sa musique chrétienne. L’hommage à Kiss a quant à lui été agrémenté d’une performance du magicien Criss Angel.
L’hommage à Gloria Gaynor, interprète de l’hymne disco « I Will Survive » (1978), a pris une tournure inattendue avec l’apparition d’une boule disco et de danseurs en lamé doré, suivie d’un virage vers la musique gospel. Cette transition a interpellé certains, compte tenu du bilan de l’administration Trump en matière de droits LGBTQ.
L’événement a également été marqué par des moments plus légers, comme l’apparition de Kellyanne Conway, reconnaissable malgré tout, et le refus de Sylvester Stallone de s’attarder sur le tapis rouge. En quittant la soirée, certains participants ont noté une ambiance générale de décalage, comme si le désir de célébrer le succès se heurtait à une réalité plus complexe.
« C’est l’une de vos chansons préférées, interprétée lors de vos Kennedy Center Honors ! Oh, super ! », a semblé ironiser un observateur, résumant l’étrange mélange d’enthousiasme et de malaise qui a caractérisé cette soirée.