Publié le 28 octobre 2025 11h03. Une nouvelle étude belge confirme l’efficacité des traitements anti-interleukine-5 (IL5) pour diminuer significativement les crises respiratoires chez les patients atteints de maladies pulmonaires obstructives, y compris ceux souffrant à la fois de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et d’asthme.
- Les traitements anti-IL5 réduisent de 56 % le risque d’hospitalisation pour crise respiratoire sévère.
- L’étude démontre un bénéfice pour les patients atteints de BPCO, mais aussi pour ceux souffrant uniquement d’asthme.
- Bien que moins efficaces sur les crises modérées traitées uniquement par corticostéroïdes oraux chez les fumeurs, ces traitements restent bénéfiques pour éviter les hospitalisations.
Une étude nationale menée en Belgique a évalué l’impact réel des traitements ciblant l’interleukine-5 (IL5) sur les patients atteints de maladies pulmonaires obstructives. Ces affections, qui entravent le flux d’air dans les poumons, incluent la BPCO et l’asthme, souvent présentes chez un même individu. L’inflammation éosinophile, un type d’inflammation impliqué dans ces maladies, est la cible de ces traitements.
L’étude a porté sur 807 adultes ayant débuté un traitement anti-IL5 – soit le mépolizumab, soit le benralizumab – entre 2017 et 2019. Les chercheurs ont comparé le nombre de crises respiratoires survenant l’année précédant le début du traitement avec celui de l’année suivante. Les résultats sont encourageants : le nombre de crises sévères nécessitant une hospitalisation est passé de 40 pour 100 années-patients à 17 après le début du traitement, soit une réduction du risque relatif de 56 %. Le nombre de patients à traiter (NNT) pour observer cet effet est de seulement quatre, ce qui indique une efficacité notable.
Les patients ne souffrant pas de BPCO ont également bénéficié de ces traitements, avec une diminution des crises passant de 15 à 6 pour 100 années-patients (NNT = 11). L’amélioration est encore plus marquée chez les patients atteints à la fois de BPCO et d’asthme, où le nombre de crises est passé de 119 à 53 pour 100 années-patients (NNT = 2).
L’étude a également examiné l’impact sur les crises modérées, traitées par des antibiotiques, des corticostéroïdes oraux (OCS) ou une combinaison des deux. Si une réduction globale a été observée, les crises nécessitant uniquement des OCS chez les patients atteints de BPCO et continuant à fumer se sont avérées moins sensibles au traitement anti-IL5. Néanmoins, même dans ce groupe, les hospitalisations ont été significativement réduites, soulignant l’importance de ces traitements pour prévenir les complications graves.
Ces résultats, issus d’une observation en conditions réelles, confirment l’intérêt des traitements anti-IL5 au-delà des essais cliniques, en particulier pour les patients à haut risque tels que les fumeurs et ceux présentant des caractéristiques communes à la BPCO et à l’asthme. Les cliniciens sont donc invités à prendre en compte ces données lors de l’évaluation des options thérapeutiques pour leurs patients, notamment ceux atteints de formes sévères ou de BPCO coexistante.
Référence
Vanfleteren LEGW et coll. Impact réel du traitement anti-IL5 sur les types d’exacerbations chez les patients atteints de maladie pulmonaire obstructive. BMJ Open Respiratory Research. 2025;12(1):e003413.
