Publié le 30 novembre 2025 à 17h39. Selon une nouvelle étude, soutenir l’Ukraine pour qu’elle repousse la Russie coûtera à l’Europe bien moins cher que de céder aux exigences de Moscou, en tenant compte des coûts économiques, militaires, humanitaires et politiques sur plusieurs années.
- Une victoire russe coûterait à l’Europe entre 1,12 et 1,63 milliard d’euros (soit entre 1,5 et 2,5 % du PIB).
- Une victoire ukrainienne, en revanche, ne représenterait qu’un coût maximal de 838 milliards d’euros (0,9 % du PIB).
- Les experts insistent sur la nécessité pour l’Europe de prendre l’initiative diplomatique et de ne pas dépendre du soutien américain, qu’ils jugent incertain.
Soutenir l’Ukraine dans sa résistance à l’agression russe s’avérera moins coûteux pour l’Europe que de céder aux pressions de Moscou et de l’accepter comme vainqueur. C’est la conclusion d’un rapport réalisé par des experts norvégiens de l’Institut norvégien des affaires économiques et des analystes de Corisk, spécialisés dans l’évaluation des risques.
L’étude, qui prend en compte les coûts politiques, militaires, humanitaires et économiques jusqu’en 2029, établit une différence significative entre les deux scénarios. Une victoire russe, impliquant l’occupation de territoires supplémentaires en Ukraine et la signature d’un accord de paix désavantageux pour Kiev, coûterait à l’Europe entre 1,12 et 1,63 milliard d’euros. À l’inverse, permettre à l’Ukraine de se défendre et de lancer des contre-offensives limitées ne représenterait qu’un coût maximal de 838 milliards d’euros.
Les chercheurs estiment que la confiscation des avoirs russes gelés pourrait réduire de près de moitié le coût d’un scénario de victoire ukrainienne. Ils prévoient également qu’en cas de succès ukrainien, jusqu’à 1,5 million de personnes pourraient retourner dans leur pays d’origine.
Le rapport souligne que dans le scénario d’une victoire russe, la Russie serait en mesure de rediriger ses ressources militaires vers les frontières de l’OTAN, notamment en direction des pays baltes, de l’Arctique nordique, de la Biélorussie et de la Moldavie. Cette situation pourrait, selon les auteurs, « conduire à des confrontations qui menaceraient l’Europe telle que nous la connaissons ». Ils anticipent également l’arrivée de six à onze millions de réfugiés ukrainiens en Europe, engendrant des coûts annuels allant jusqu’à 275 milliards d’euros.
Les experts mettent en garde contre un scénario où l’Ukraine deviendrait un « État en faillite » en cas de défaite. Ils insistent sur l’urgence pour l’Europe de prendre les rênes de la diplomatie et d’élaborer un plan indépendant des États-Unis, dont l’engagement est jugé incertain.
Ils pointent du doigt une proposition américaine en 28 points pour mettre fin à la guerre, élaborée avec la contribution de la Russie et récemment divulguée aux médias. Selon eux, cette proposition démontre que l’administration Trump « interprète mal » les enjeux et ne comprend pas ce qui est nécessaire pour garantir une Ukraine et une Europe stables et sûres. Proposition américaine en 28 points
Le rapport préconise une approche européenne axée sur une pression militaire et économique accrue sur Moscou. Les auteurs se montrent pessimistes quant à la possibilité de négocier avec Vladimir Poutine, soulignant qu’il n’a jamais démontré, pendant toute la durée du conflit, « un quelconque geste de bonne foi, une volonté de compromis ou une véritable volonté de négocier ». Projet européen
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