Publié le 29 octobre 2025 14h09. L’État néerlandais s’inquiète de la diffusion rapide sur TikTok de vidéos manipulées par intelligence artificielle visant des personnalités politiques, soulignant les responsabilités des plateformes en matière de sécurité en ligne à l’approche des élections.
- Un secrétaire d’État dénonce la diffusion virale d’une vidéo violente ciblant Frans Timmermans, chef du parti GroenLinks-PvdA.
- TikTok a supprimé la vidéo seulement après des questions du CNRC, suscitant des critiques sur sa réactivité.
- Le gouvernement néerlandais exige des plateformes qu’elles assument pleinement leur responsabilité dans la lutte contre la désinformation et les attaques en ligne.
La diffusion rapide d’une vidéo d’intelligence artificielle montrant Frans Timmermans, figure de proue du parti GroenLinks-PvdA, être agressé physiquement a suscité l’inquiétude du secrétaire d’État sortant Van Marum (Numérisation, BBB). La vidéo, accompagnée d’un message politique, a été visionnée des centaines de milliers de fois sur TikTok avant d’être finalement retirée de la plateforme, mais seulement après l’intervention du CNRC (Autorité néerlandaise des consommateurs et des marchés).
Selon le rapport initial, la vidéo a été signalée par un utilisateur lundi après-midi comme étant “violente”. Malgré cela, TikTok n’a pris des mesures que le mardi après-midi, après que le CNRC a interpellé la plateforme. Cette lenteur a été vivement critiquée par le secrétaire d’État Van Marum, qui a exprimé ses préoccupations sur LinkedIn. Son message souligne les enjeux de sécurité en ligne et la responsabilité des réseaux sociaux.
« Le fait qu’une vidéo violente dans laquelle un homme politique est attaqué puisse être visionnée des centaines de milliers de fois sans intervention est totalement inacceptable. »
Secrétaire d’État sortant Van Marum (Numérisation, BBB)
Cette affaire intervient alors que TikTok s’est engagé à renforcer la lutte contre la désinformation et les agressions envers les politiciens à l’approche des élections néerlandaises. Le 29 septembre, une délégation du ministère de l’Intérieur et des Relations au Royaume et de l’ACM s’est rendue au siège de TikTok pour évaluer les mesures prises par la plateforme afin de garantir l’intégrité du processus électoral. Ces mesures incluent la modération du contenu, l’utilisation d’étiquettes pour identifier les contenus générés par l’IA et la collaboration avec des vérificateurs de faits. Une table ronde était prévue le 16 octobre avec TikTok pour faire le point sur ces engagements, comme l’indique le ministre sortant de l’Intérieur Rijkaart dans une lettre adressée au Parlement.
Malgré ces promesses, TikTok a admis avoir supprimé 400 vidéos entre le 29 septembre et le 12 octobre pour violation de ses règles, et identifié plus de 950 “faux comptes” susceptibles d’être liés à des candidats aux élections. Cependant, la plateforme n’a pas réussi à empêcher la diffusion virale de plusieurs vidéos d’IA ciblant des personnalités politiques, notamment une vidéo dans laquelle le député Thierry Baudet (FVD) tenait des propos insultants envers le député Jesse Klaver (GroenLinks-PvdA).
Le secrétaire d’État Van Marum insiste sur le fait que la facilité avec laquelle de telles images peuvent être créées souligne la nécessité d’une politique numérique forte. “Nous pouvons embrasser le progrès technologique, mais pas au détriment de nos valeurs et de notre sécurité”, a-t-il déclaré.
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