Home DivertissementL’administration Trump continue de se battre avec les pop stars. C’est une situation sans issue | Administration Trump

L’administration Trump continue de se battre avec les pop stars. C’est une situation sans issue | Administration Trump

by Antoine Girard

Publié le 13 décembre 2025 à 10h05. L’administration américaine continue de provoquer la controverse en utilisant de manière détournée la musique populaire dans des publications officielles, suscitant la colère des artistes et ravivant le débat sur l’instrumentalisation de la culture à des fins politiques.

  • Un employé du Département de la Sécurité intérieure a publié une vidéo controversée sur X (anciennement Twitter) utilisant une chanson de Sabrina Carpenter pour illustrer des arrestations par l’ICE (Immigration and Customs Enforcement).
  • Sabrina Carpenter a publiquement dénoncé cette utilisation, rejoignant une liste croissante d’artistes s’opposant à l’exploitation de leur musique par l’administration.
  • La Maison Blanche a réagi en défendant sa stratégie, affirmant qu’elle vise à attirer l’attention sur les reportages négatifs des médias.

La semaine dernière, alors que l’administration Trump était déjà confrontée à des critiques concernant des opérations militaires contestées près du Venezuela, un employé du Département de la Sécurité intérieure a publié une vidéo sur le réseau social X. Cette vidéo montrait des agents des douanes et de l’ICE procédant à des arrestations dans ce qui semblait être la ville de Chicago. Le montage, particulièrement choquant, célébrait l’humiliation et l’incarcération d’immigrants sans papiers comme une sorte de victoire patriotique.

La vidéo utilisait des extraits viraux de la chanson « Juno » de Sabrina Carpenter – « Avez-vous déjà essayé celui-ci ? », une référence à des positions sexuelles – superposés à des images d’agents poursuivant, interpellant et menottant des individus. Cette utilisation était perçue comme une allusion cynique aux méthodes controversées employées par l’ICE.

Sabrina Carpenter s’est retrouvée dans une position délicate. Elle pouvait choisir de rester silencieuse, comme l’avait fait Taylor Swift quelques semaines auparavant lorsque la Maison Blanche avait utilisé sa musique dans une vidéo pro-Trump, au risque d’être accusée de cautionner l’utilisation de son art à des fins propagandistes. Ou elle pouvait s’exprimer, même en exprimant son dégoût, au risque d’attirer davantage l’attention sur cette propagande et de provoquer une réaction encore plus vive.

La chanteuse a opté pour la seconde voie.

« Cette vidéo est diabolique et dégoûtante. N’impliquez jamais moi, ni ma musique, au profit de votre programme inhumain. »

Sabrina Carpenter, sur X

Bien que sincère et rafraîchissante, cette prise de position a, paradoxalement, joué le jeu de l’administration. Les articles de presse, dont un article du Guardian, ont amplifié la portée de la vidéo originale et attiré davantage d’attention sur les efforts de propagande de l’ICE. La Maison Blanche a répliqué en publiant une déclaration officielle dénigrant la réponse de Carpenter et en continuant à propager ses affirmations fallacieuses sur les expulsions de l’ICE, tout en citant ironiquement les paroles de la chanson de Carpenter :

« Voici un message court et précis pour Sabrina Carpenter : nous ne nous excuserons pas d’avoir expulsé de notre pays des criminels illégaux dangereux, des violeurs et des pédophiles. Quiconque voudrait défendre ces monstres malades doit être stupide, ou lent. »

Déclaration de la Maison Blanche

Il est important de noter que, selon des données récentes, la majorité des personnes arrêtées par l’ICE n’ont jamais été accusées d’un crime.

Ce cycle de provocation musicale est devenu de plus en plus fréquent sous la présidence actuelle. Le travail des responsables des médias sociaux de l’administration semble désormais consister à publier de la propagande incendiaire, souvent accompagnée de musique populaire, au grand dam de nombreux artistes. Au cours des derniers mois, Olivia Rodrigo, Jess Glynne, Kenny Loggins, MGMT et Carpenter ont tous publiquement dénoncé l’utilisation non autorisée de leur musique. SZA, dont la musique a également été utilisée, a résumé la situation sur X :

« La rage de la Maison Blanche qui incite les artistes à obtenir une promotion gratuite est PEAK DARK… inhumanité + choc et tactiques horribles… Maléfique et ennuyeux. »

SZA, sur X

Ce phénomène est à la fois prévisible et révélateur. L’administration, composée d’anciens animateurs de télévision et de personnalités des médias, semble considérer la communication comme un jeu d’engagement, où l’objectif est de générer le maximum de réactions, même négatives. Un responsable de la Maison Blanche a d’ailleurs reconnu que la vidéo TikTok utilisant la musique de Taylor Swift avait été créée dans le but d’attirer l’attention des médias et de provoquer une réaction.

Face à cette situation, les musiciens se trouvent dans une impasse. Il n’est peut-être pas vain de dénoncer publiquement la peur, le racisme, la xénophobie et la glorification de la violence que l’administration cherche à normaliser. Il serait peut-être plus efficace d’adopter une approche lucide et de considérer ces actions comme un simple jeu, auquel l’administration continuera de jouer avec n’importe quel artiste populaire qu’elle pourra exploiter. Comme l’a déclaré un membre de l’équipe de communication de la Maison Blanche en réponse à l’indignation suscitée par une image générée par l’IA représentant une détention de l’ICE : « Les arrestations continueront. Les mèmes continueront. » Notre dégoût aussi, mais notre attention n’est pas obligée de les alimenter.

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