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L’afflux d’importations chinoises bon marché pourrait faire baisser l’inflation au Royaume-Uni, selon les économistes | Inflation

Publié le 29 décembre 2025 à 11h21. Le Royaume-Uni pourrait bénéficier d'une baisse de l'inflation grâce à un afflux de produits chinois moins chers, conséquence indirecte des tensions commerciales initiées par l'administration Trump. Des économistes prévoient que ce…

L’afflux d’importations chinoises bon marché pourrait faire baisser l’inflation au Royaume-Uni, selon les économistes | Inflation

Publié le 29 décembre 2025 à 11h21. Le Royaume-Uni pourrait bénéficier d’une baisse de l’inflation grâce à un afflux de produits chinois moins chers, conséquence indirecte des tensions commerciales initiées par l’administration Trump. Des économistes prévoient que ce détournement des flux commerciaux pourrait modérer les prix à l’importation.

  • L’excédent commercial de la Chine a dépassé les 1 000 milliards de dollars (750 milliards de livres sterling) malgré les droits de douane américains.
  • La Banque d’Angleterre anticipe que le Royaume-Uni, comme d’autres pays, deviendra une destination privilégiée pour les produits chinois initialement destinés aux États-Unis.
  • Des inquiétudes émergent parmi les fabricants européens face à une potentielle concurrence déloyale due à cet afflux de marchandises à bas prix.

Les chiffres récents révèlent une orientation croissante des exportations chinoises vers des marchés alternatifs, notamment l’Union européenne et le Royaume-Uni, après l’instauration de droits de douane élevés par les États-Unis. Selon les données publiées par Pékin, l’excédent commercial chinois a atteint un niveau record de plus de 1 000 milliards de dollars au cours de l’année se terminant en novembre. Les exportations vers les États-Unis ont chuté de 29 % sur un an, tandis que les ventes vers l’UE ont augmenté de 15 % et celles vers le Royaume-Uni de 9 % sur la même période.

Stephen Millard, directeur adjoint du National Institute of Economic and Social Research, explique :

« On s’attend à ce que, compte tenu des droits de douane élevés que les États-Unis imposent à la Chine, celle-ci détourne son commerce vers d’autres destinations, et le Royaume-Uni en fera partie. »

Cette tendance a déjà commencé à se faire sentir sur l’inflation britannique, selon Catherine Mann, membre externe du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre. Elle a déclaré devant les députés de la commission des Finances que les prix à l’importation ont commencé à se modérer, en partie grâce à l’appréciation de la livre sterling et au détournement des produits chinois vers le Royaume-Uni.

« Les prix à l’importation ont commencé à se modérer en raison de l’appréciation de la livre sterling et des retombées du détournement des produits chinois des charges tarifaires américaines vers d’autres endroits, y compris vers nos quais. Pas beaucoup. En fait, moins que ce que j’aurais pensé. Mais c’est là. »

La Banque d’Angleterre a d’ailleurs souligné dans son rapport de politique monétaire de novembre que les exportations chinoises vers le Royaume-Uni et la zone euro ont augmenté, tandis que celles vers les États-Unis ont diminué. Elle estime que cet effet de détournement des échanges a un impact légèrement désinflationniste sur le Royaume-Uni.

L’inflation globale au Royaume-Uni s’établit actuellement à 3,2 % et devrait se rapprocher de l’objectif de 2 % fixé par le gouvernement d’ici mi-2026. Les mesures annoncées dans le budget d’automne de Rachel Reeves – notamment un allègement des factures d’énergie et des taxes sur les carburants – devraient contribuer à réduire le taux global d’environ 0,5 point de pourcentage. La Banque d’Angleterre a d’ailleurs abaissé son taux de base d’un quart de point à 3,75 % en décembre, en raison du ralentissement des pressions inflationnistes.

La Chine est le plus grand marché d’importation du Royaume-Uni après l’Allemagne, avec 70 milliards de livres sterling de marchandises expédiées vers la Grande-Bretagne au cours de l’année se terminant en juin, soit une augmentation de 4,1 % par rapport à l’année précédente. Les principales importations comprennent des voitures, des télécommunications et des équipements audio.

Bien que l’impact sur l’inflation britannique d’une augmentation des importations chinoises ne soit pas censé être significatif, il pourrait néanmoins contribuer à un ralentissement du taux d’inflation global en 2026, selon Stephen Millard.

« Il existe un potentiel de baisse du prix des importations chinoises à mesure qu’ils tentent de vendre davantage au Royaume-Uni, ce qui pourrait avoir un effet raisonnable sur notre indice des prix à l’importation. »

Ce détournement des exportations chinoises suscite l’inquiétude des fabricants européens, qui craignent d’être sous-enchéris par un afflux de produits bon marché. En réponse, les dirigeants européens et le gouvernement britannique envisagent des mesures de protection. Emmanuel Macron, le président français, a déclaré après une visite à Pékin en décembre que l’UE pourrait être contrainte de prendre des « mesures fortes » pour freiner le déséquilibre croissant entre les importations et les exportations chinoises. Au Royaume-Uni, les ministres se sont engagés à protéger les producteurs d’acier nationaux contre une surabondance de ce métal sur les marchés mondiaux.

Cependant, les consommateurs pourraient bénéficier de prix plus bas, ce qui pourrait atténuer les craintes d’une reprise des pressions inflationnistes l’année prochaine. Jack Meaning, économiste en chef britannique chez Barclays, souligne qu’il n’y a pour l’instant que peu de preuves d’un détournement des échanges commerciaux, mais qu’il s’attend à ce que les prix à l’importation au Royaume-Uni se modèrent en 2026 en raison d’un ralentissement de la croissance économique mondiale.

« Notre prévision est que l’inflation des biens de base ralentira à mesure que nous avançons jusqu’en 2026, passant d’environ 1,5 % en 2025 à moins de 1 %. Une partie de cette histoire est due à un ralentissement plus global ; à une réorganisation de la demande excédentaire dans l’économie mondiale, faisant du Royaume-Uni une petite économie ouverte. »

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.