Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une intelligence artificielle promet d’améliorer la détection du cancer du sein, en particulier des formes agressives qui se développent entre les mammographies de dépistage, grâce à une analyse plus fine des images médicales.
- L’outil, baptisé Mirai, a permis de prédire 42 % des cancers d’intervalle chez les 20 % des patientes présentant les scores de risque les plus élevés.
- Il surpasse les méthodes de prédiction conventionnelles et pourrait permettre un dépistage plus personnalisé.
- Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes à l’échelle mondiale.
Une étude menée par l’Université de Cambridge et publiée par la Radiological Society of North America (RSNA) met en lumière le potentiel de l’intelligence artificielle dans la lutte contre le cancer du sein. L’outil Mirai, basé sur l’apprentissage profond, est capable d’identifier les femmes ayant une probabilité accrue de développer un cancer d’intervalle – c’est-à-dire un cancer qui apparaît entre deux mammographies de dépistage régulières.
Les chercheurs ont analysé plus de 134 000 mammographies de femmes âgées de 50 à 70 ans participant au programme britannique de dépistage triennal, et ont recensé 524 cas de cancers d’intervalle. L’algorithme s’est révélé particulièrement performant pour prédire les cancers diagnostiqués dans l’année suivant une mammographie initiale jugée normale. Son efficacité est cependant réduite chez les femmes ayant un tissu mammaire très dense.
Selon l’étude, Mirai a démontré des performances supérieures aux outils de prédiction traditionnels, ouvrant la voie à des programmes de dépistage plus ciblés et plus efficaces.
« Mirai » a montré des performances particulièrement élevées dans les cancers diagnostiqués au cours de la première année après une mammographie négative, bien que son efficacité soit moindre chez les femmes présentant un tissu mammaire extrêmement dense.
Université de Cambridge
L’équipe de recherche suggère que les femmes identifiées comme étant à haut risque pourraient bénéficier de techniques d’imagerie complémentaires, telles qu’une échographie ou une IRM, ou d’intervalles de dépistage plus courts. Cette approche pourrait permettre une détection plus précoce des tumeurs agressives et, par conséquent, une réduction de la mortalité liée à cette maladie.
Le cancer du sein est le cancer le plus répandu chez les femmes dans le monde, représentant 12 % des nouveaux cas chaque année, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes de dépistage apparaît donc comme une solution prometteuse pour optimiser l’allocation des ressources et adapter les examens au risque individuel, en particulier dans les systèmes de santé publics soumis à une forte demande.
