Le Congrès national africain (ANC) s’achemine vers son pire résultat électoral depuis la fin de l’apartheid en 1994, obtenant environ 31,7 % des voix aux élections municipales du 4 novembre 2026 après le dépouillement d’une grande partie des suffrages, selon les chiffres rapportés par Quid.
Ce recul marque une nouvelle étape dans l’érosion du parti historique de Nelson Mandela, qui était déjà passé pour la première fois sous la barre de la majorité absolue lors des élections nationales de 2024 avec 40 % des votes. La participation électorale pour ce scrutin a atteint 54,45 %, un taux supérieur à celui de 2021 en période de pandémie de Covid qui s’établissait à 45,86 %, mais inférieur aux 57,95 % enregistrés en 2016, d’après les données de la commission électorale.
La progression de l’Alliance démocratique et la configuration des métropoles
Rival historique de l’ANC et partenaire au sein du gouvernement d’unité nationale, l’Alliance démocratique (DA) recueille 24,22 % des suffrages au niveau national, progressant par rapport aux élections locales de 2021 où elle totalisait 21,66 %, mais restant en deçà de son score de 2016 fixé à 26,9 %, d’après Quid. Dans les grandes municipalités métropolitaines, la DA arrive en tête dans six des huit agglomérations du pays, notamment à Johannesburg, Tshwane et Ekurhuleni, d’après les précisions de Le360 Afrique.
À l’échelle nationale, le parti MK de l’ancien président Jacob Zuma recueille 8,5 % des voix, suivi par l’EFF avec 6,1 % et ActionSA avec 4,7 %, selon Le360 Afrique. Le parti MK s’impose par ailleurs à eThekwini avec 44,1 % des suffrages. À l’exception du Cap, où le maire et chef de la DA Geordin Hill-Lewis revendique la victoire avec une majorité absolue qui se dessine, la gestion des autres métropoles nécessitera la formation de coalitions et l’ouverture de négociations politiques.
Violences et enquêtes sur des meurtres à motivation politique
La police sud-africaine a recensé 85 incidents et procédé à 27 arrestations lors du scrutin du 4 novembre, tandis que 21 affaires de meurtres à motivation politique font l’objet d’enquêtes, selon la Structure nationale conjointe des opérations et du renseignement (NATJOINTS) citée par Quid. Ces incidents ont conduit à l’ouverture de 57 dossiers pour infractions électorales, agressions, actes d’intimidation, vols et violences publiques. Durant le vote spécial des 2 et 3 novembre, 65 affaires avaient déjà été enregistrées et 32 suspects interpellés. Malgré l’identification préalable de 331 bureaux de vote à haut risque répartis dans quatre provinces et plusieurs homicides signalés, les autorités estiment que le scrutin s’est déroulé dans un climat globalement pacifique.

La Commission électorale indépendante (IEC) doit publier au cours du week-end les résultats définitifs ainsi que la répartition des sièges pour l’ensemble des 257 conseils municipaux du pays.