L’ancien directeur général de l’ANAMO, Maodo Malick Mbaye, a obtenu une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire après 13 mois de détention provisoire. Poursuivi par le Pool judiciaire financier pour des faits présumés de détournement et d’escroquerie portant sur plus de 600 millions de francs CFA, il conteste l’ensemble des accusations.
L’ancien patron de l’Agence nationale de la maison de l’outil a recouvré la liberté dans le courant du mois d’août 2026, selon les informations recoupées auprès de la presse locale. Maodo Malick Mbaye était placé sous mandat de dépôt depuis le 22 juillet 2025 dans le cadre d’une procédure menée par le Pool judiciaire financier. Sa libération provisoire s’accompagne d’un contrôle judiciaire strict, marquant une rupture après plus d’une année passée derrière les barreaux.
Les accusations financières et les poursuites du Pool judiciaire financier
La procédure ouverte contre l’ancien responsable de l’organisation regroupe des accusations lourdes. Selon les éléments de l’enquête instruits par la justice sénégalaise, les poursuites englobent des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’escroquerie et de détournement de deniers publics portant sur un montant évalué à plus de 600 millions de francs CFA. D’autres sources fixent la somme évaluée à 619 millions de francs CFA dans le cadre de la gestion de la structure publique.
Le dossier comprend également des charges relatives à du faux et usage de faux en écritures administratives et de commerce, ainsi qu’à des soupçons de blanchiment de capitaux. Dès le début de l’instruction, l’ancien directeur général a constamment rejeté ces allégations. Ses conseils estiment que la procédure initiale découle d’une plainte déposée par son successeur à la tête de la structure, s’appuyant sur un audit réalisé par un cabinet privé dont la méthode et le caractère contradictoire sont vigoureusement contestés par la défense.
Une bataille procédurale marquée par des rebondissements médicaux
Le parcours judiciaire de Maodo Malick Mbaye a été jalonné de requêtes et de décisions contradictoires. Une première ordonnance de mise en liberté provisoire avait été obtenue par ses avocats le 31 décembre 2025, mais le parquet avait immédiatement fait appel, conduisant la Chambre d’accusation à infirmer la décision et à maintenir le prévenu en détention. Un autre rendez-vous judiciaire crucial, prévu le 13 mai 2026 pour une audition au fond par le juge d’instruction, avait dû être renvoyé sine die en raison d’un dossier jugé incomplet.

Parallèlement, la question de l’état de santé du détenu s’est imposée au cœur du dossier. Après un séjour à la prison de Rebeuss, il avait été admis au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Des expertises médicales, alertant sur des pathologies incluant des troubles du sommeil, une neuropathie, une ostéonécrose des têtes fémorales et un adénome prostatique, avaient conclu à une incompatibilité de son état clinique avec le milieu carcéral.
L’argumentaire de la défense et les perspectives de non-lieu
Pour contrer les accusations de marchés présentés comme fictifs et de détournement de fonds, les conseils de l’ancien responsable se sont appuyés sur des pièces comptables et des rapports de gestion. La défense met en avant un document relatif aux comptes de l’exercice 2023 émanant de l’Agent comptable, ainsi que la validation définitive des comptes de gestion par la Cour des comptes, affirmant qu’aucune irrégularité n’a été établie dans les comptes ciblés par l’enquête.

Ses avocats font valoir que leur client a désormais recouvré la liberté pour faire valoir ses arguments en dehors de l’univers carcéral. L’équipe juridique, représentée notamment par ses conseils, entend poursuivre la procédure en vue d’obtenir un non-lieu, tandis que la procédure d’instruction se poursuit sous le régime du contrôle judiciaire.