Publié le 24 septembre 2023. L’ancien émissaire américain pour le Venezuela, Elliott Abrams, affirme que l’administration Trump ne considère pas une défaite face au régime de Nicolás Maduro et vise ouvertement à son départ du pouvoir, quitte à intensifier la pression militaire.
- L’administration Trump ne se résout pas à une défaite face à Nicolás Maduro.
- Les sanctions économiques et la pression diplomatique pourraient être complétées par une intervention militaire accrue.
- Selon Elliott Abrams, Donald Trump a pris une position dans laquelle seul le départ de Maduro peut être perçu comme une victoire.
L’ancien diplomate américain Elliott Abrams a déclaré que la Maison Blanche avait pour objectif de voir Nicolás Maduro quitter le pouvoir, même si elle évitait d’utiliser l’expression « changement de régime ». Dans un entretien accordé au journaliste Jorge Agobian, Abrams a précisé que les propositions émises par Maduro, notamment des modifications au sein de la compagnie pétrolière nationale ou la possibilité de céder le pouvoir à Delcy Rodríguez, n’avaient pas été prises en considération par l’administration Trump.
« Mon impression est que la Maison Blanche n’aime pas le terme « changement de régime », mais c’est l’objectif. »
Elliott Abrams, ancien envoyé spécial américain pour le Venezuela
Abrams, qui a occupé le poste d’envoyé spécial pour le Venezuela durant le premier mandat de Trump, a souligné que la stratégie actuelle de Washington repose sur une combinaison de sanctions économiques, de pressions diplomatiques et d’une composante militaire susceptible de s’intensifier dans les mois à venir. Il a décrit la situation comme une sorte de « petite guerre » entre Trump et Maduro, où l’un des deux doit l’emporter.
Selon Abrams, les pressions économiques et diplomatiques initiales se sont avérées insuffisantes. L’administration actuelle a donc ajouté de nouveaux éléments, notamment des sanctions ciblant des navires et une présence militaire accrue dans les Caraïbes. Il estime que cette pression pourrait ne pas suffire et que Trump pourrait être amené à intensifier son action, notamment sur le plan militaire, en janvier ou février prochain.
« Peut-être que ce sera suffisant. Sinon, je pense que Trump devra faire davantage l’année prochaine, en janvier ou février. Plus de pression militaire. Parce qu’il ne peut pas perdre. Il ne perdra pas. »
Elliott Abrams, ancien envoyé spécial américain pour le Venezuela
Abrams a précisé que le déploiement militaire actuel se concentre dans les Caraïbes et non sur le territoire vénézuélien, mais n’a pas exclu la possibilité d’une escalade. Il a évoqué la possibilité d’attaques à l’intérieur du Venezuela si nécessaire.
Il a également souligné que c’est Trump lui-même qui s’est mis dans cette situation. Selon lui, le président américain n’était pas obligé d’aller aussi loin, mais il a choisi de s’engager pleinement dans cette confrontation, convaincu de sa capacité à la gagner.
Interrogé sur les capacités de réponse du régime vénézuélien, Abrams a été catégorique : « Que peut faire Maduro ? Dans les Caraïbes, rien. D’un point de vue économique, rien. » Il a également écarté l’idée d’une réponse militaire efficace de Caracas.
Abrams a minimisé l’importance des Forces armées vénézuéliennes face à une éventuelle escalade, estimant que le régime chaviste ne dispose pas des ressources politiques, économiques ou militaires nécessaires pour soutenir une confrontation prolongée.
Les déclarations d’Abrams interviennent après que Donald Trump ait réitéré ses avertissements à l’égard de Maduro depuis sa résidence de Mar-a-Lago. Il a affirmé qu’il serait « intelligent » pour Maduro de quitter le pouvoir, avertissant que s’il « jouait au dur, ce serait la dernière fois qu’il pourrait le faire ».
Maduro a répondu à ces menaces en défendant la souveraineté vénézuélienne et en appelant Trump à se concentrer sur les affaires intérieures des États-Unis.
« Si je lui parle à nouveau, je lui dirai que chacun doit s’occuper de ses affaires intérieures. Ici, au Venezuela, nous, les Vénézuéliens, prenons soin d’eux. »
Nicolás Maduro, président du Venezuela
Pour Abrams, ces déclarations ne modifient pas l’équilibre des forces. Il a conclu en affirmant que le conflit se trouve dans une phase décisive, avec une Maison Blanche qui, selon lui, n’est pas prête à reculer dans sa confrontation avec le régime de Maduro.