L’ancien ministre brésilien des Droits de l’homme, Silvio Almeida, a été formellement accusé d’inconduite sexuelle, quelques mois après avoir été limogé par le président Luiz Inácio Lula da Silva suite à des allégations similaires. L’affaire relance le débat sur la violence sexuelle au Brésil, où plus d’une femme sur trois en est victime chaque année.
La police fédérale a officialisé ces accusations vendredi, selon des informations rapportées par les médias locaux. Un responsable de la police, qui a requis l’anonymat, a confirmé l’information samedi. À ce stade, le dossier est transmis aux procureurs, qui devront décider de porter ou non plainte.
Si une plainte est déposée, la Cour suprême devra se prononcer sur sa recevabilité. En cas d’acceptation, un procès pourrait être engagé contre M. Almeida. L’ancien ministre a précédemment nié toute accusation d’actes répréhensibles.
Le limogeage de Silvio Almeida en septembre dernier avait fait suite à une déclaration de l’organisation féministe MeToo Brésil, qui affirmait avoir reçu des plaintes pour inconduite sexuelle à son encontre. La ministre de l’Égalité raciale, Anielle Franco, a été identifiée par la presse comme l’une des plaignantes. Sa décision de soutenir publiquement les victimes a été saluée à l’époque.
Anielle Franco est devenue une figure politique après l’assassinat de sa sœur, Marielle Franco, conseillère municipale de Rio de Janeiro, un meurtre qui avait suscité une forte émotion au Brésil et à l’étranger.
Cette affaire représente un coup dur pour l’administration Lula, notamment en raison du rôle de premier plan joué par M. Almeida et Mme Franco dans la lutte contre le racisme. Professeur de droit spécialisé dans les questions raciales, M. Almeida était l’un des principaux artisans de la politique du gouvernement en la matière.
Isabel Rodrigues, professeure d’université dans l’État de São Paulo, qui s’était également déclarée victime d’agression sexuelle de la part de M. Almeida l’année dernière, a réagi sur Instagram samedi : « Il y a encore un long chemin à parcourir avant qu’une justice efficace ne soit rendue dans cette affaire. En tant que victime, j’ai quelque chose à dire : ne lâchez pas les mains des femmes. »
Selon un rapport publié en 2025 par le Forum brésilien sur la sécurité publique, plus d’une femme sur trois a été victime de violences sexuelles ou basées sur le genre au cours de l’année écoulée. Ce chiffre, le plus élevé enregistré depuis le début des relevés en 2017, témoigne de la persistance et de l’aggravation de la violence à l’égard des femmes au Brésil.
