Publié le 31 octobre 2025 12:40:00. Une comète interstellaire, la 3I/ATLAS, a récemment frôlé le Soleil, offrant aux astronomes une occasion unique d’étudier un visiteur venu d’un autre système stellaire, tout en suscitant l’intérêt – et les spéculations – d’autres milieux.
- La comète 3I/ATLAS est seulement le troisième corps interstellaire identifié traversant notre système solaire.
- Elle a approché le Soleil à 203 millions de kilomètres et se rapprochera de la Terre en décembre, sans toutefois présenter de danger.
- Son étude permet d’en apprendre davantage sur la formation des comètes et les conditions qui règnent dans d’autres systèmes stellaires.
La comète 3I/ATLAS, actuellement invisible aux instruments car se trouvant derrière le Soleil, se dirige à nouveau vers l’extérieur du système solaire. Elle sera cependant suffisamment proche de la Terre en décembre pour être potentiellement observable, même avec des télescopes amateurs, à partir de mi-novembre.
Son approche la plus proche du Soleil, à seulement 203 millions de kilomètres, a permis aux scientifiques de collecter des données précieuses. Lors de son passage au plus près de la Terre, juste avant Noël, elle se trouvera à environ 270 millions de kilomètres – soit 1,8 fois la distance Terre-Soleil. L’Agence spatiale européenne (ESA) assure qu’elle ne représente aucune menace pour notre planète ou les autres corps célestes du système solaire.
Un visiteur d’une autre étoile sous haute surveillance
Ce qui rend cette comète particulièrement fascinante, c’est son origine. La 3I/ATLAS n’est que le troisième objet interstellaire confirmé à traverser notre système solaire, après ‘Oumuamua et la comète 2I/Borisov. Elle se déplace à une vitesse impressionnante de 210 000 kilomètres par heure, ce qui en fait le visiteur interstellaire le plus rapide jamais observé.
Cette vitesse élevée est un atout pour les astronomes. L’étude de la 3I/ATLAS pourrait révéler des informations cruciales sur les comètes, mais aussi sur l’environnement dans lequel elle s’est formée, potentiellement autour d’une autre étoile. Les scientifiques estiment que son noyau est composé de glace, de poussière et de roches, et que son apparence change lorsqu’elle s’approche du Soleil, la chaleur provoquant la libération de gaz et de poussière qui forment sa queue caractéristique.
Les instruments les plus performants, tels que les télescopes spatiaux Webb et Hubble, ont déjà été pointés vers la comète. L’instrument SPHEREx, qui agit comme un spectromètre, joue un rôle essentiel en décomposant la lumière en ses différentes composantes pour en extraire des informations physiques. Des traces de dioxyde de carbone, d’eau, de monoxyde de carbone, de sulfure de carbonyle et de glace d’eau ont déjà été détectées.
Selon une étude récente, la 3I/ATLAS pourrait être un objet extrêmement ancien, âgé d’au moins trois milliards d’années, voire jusqu’à onze milliards d’années. À titre de comparaison, notre système solaire s’est formé il y a environ 4,6 milliards d’années, et l’univers a environ 13,8 milliards d’années.
Les astronomes regrettent de n’avoir découvert la comète que le 1er juillet 2025, grâce au télescope ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) au Chili – d’où son nom – ce qui n’a pas permis de préparer une mission dédiée.
L’ESA a déclaré vouloir tirer les leçons de cette situation et utiliser les informations recueillies sur la 3I/ATLAS pour préparer de futures missions, notamment Comet Interceptor, conçue pour intercepter des comètes provenant des régions périphériques du système solaire. Il est même envisageable, bien que peu probable, que Comet Interceptor puisse un jour croiser la route d’une comète interstellaire.
Quand la science rencontre la spéculation
La découverte de la comète a également attiré l’attention de l’astrophysicien américain Avi Loeb, qui dirige le projet Galileo de l’Université Harvard et est connu pour ses recherches sur l’intelligence extraterrestre. Loeb a rapidement suggéré que la 3I/ATLAS pourrait être une création artificielle d’une civilisation extraterrestre.
Cependant, Loeb a déjà avancé des hypothèses similaires concernant d’autres comètes, sans jamais parvenir à les étayer avec des preuves solides. Il a initialement souligné l’absence de queue de gaz et de poussière, inhabituelle pour une comète d’origine solaire, et une trajectoire jugée non conventionnelle, qu’il a interprétées comme des signes d’une “artefact technologique” doté d’une “intelligence active”.
Ses affirmations, bien que largement médiatisées, n’ont pas été corroborées par les observations ultérieures. Loeb a même mis en garde contre une possible manœuvre furtive de la comète alors qu’elle était cachée derrière le Soleil, évoquant un rendez-vous “sinistre” avec la Terre et la nécessité de prendre des mesures défensives.
Plus la communauté scientifique ignore ses théories, plus elles attirent l’attention de personnes peu scrupuleuses qui promettent déjà des rencontres extraterrestres sur Internet et prétendent communiquer avec eux. Les experts mettent en garde contre ces escroqueries, qui peuvent avoir des conséquences financières et sociales graves.
Des événements similaires, liés à des sectes pseudo-religieuses, ont déjà conduit à des tragédies. Le cas le plus célèbre est celui de la secte Heaven’s Gate, dont les 39 membres se sont suicidés le 26 mars 1997 à San Diego, croyant pouvoir embarquer à bord d’une comète (Hale-Bopp) pour quitter la Terre.
En 1994, des membres de la secte de l’Ordre du Temple solaire se sont également suicidés, convaincus que leur âme quitterait leur corps après la mort pour se réveiller sur l’étoile Sirius.
