Home MondeL’application de chat P2P “bitchat” et les applications VPN sont très populaires en Ouganda, où le gouvernement a fermé Internet – GIGAZINE

L’application de chat P2P “bitchat” et les applications VPN sont très populaires en Ouganda, où le gouvernement a fermé Internet – GIGAZINE

by Clara Dubois

Publié le 16 janvier 2026 à 05h33. À l’approche de l’élection présidentielle en Ouganda, le gouvernement a coupé l’accès à Internet, provoquant une flambée des téléchargements de « Bitchat », une application de messagerie fonctionnant via Bluetooth et ne nécessitant pas de connexion réseau.

  • La coupure d’Internet en Ouganda, justifiée par la lutte contre la désinformation, a débuté le 13 janvier 2026.
  • « Bitchat », développée par Jack Dorsey, cofondateur de Twitter, est devenue l’application la plus téléchargée en Ouganda sur Google Play.
  • Cette situation s’inscrit dans un contexte de répression politique et de restrictions imposées aux organisations de surveillance électorale.

L’Ouganda se prépare à une élection présidentielle cruciale où Yoweri Kaguta Museveni, au pouvoir depuis 1986, brigue un septième mandat. Dans un contexte de tensions politiques croissantes, le gouvernement ougandais a pris la décision de couper l’accès à Internet à l’échelle nationale, invoquant la nécessité de prévenir la diffusion de fausses informations et d’incitations à la violence. La Commission ougandaise des communications a ordonné de bloquer toutes les technologies permettant l’accès à Internet, y compris les lignes de fibre optique, les réseaux mobiles et les services par satellite, sous peine d’amendes et de révocation de licences.

Selon NetBlocks, une organisation qui surveille le trafic Internet, la coupure a commencé dans l’après-midi du 13 janvier 2026. Il s’agit d’un blocage de l’accès à Internet, laissant les appels vocaux et les SMS fonctionnels.

Face à cette situation, « Bitchat », une application de messagerie peer-to-peer (P2P) basée sur la technologie Bluetooth et ne nécessitant ni serveur central ni connexion Internet, connaît une popularité fulgurante. Créée par Jack Dorsey, connu pour avoir cofondé Twitter, l’application est en phase de test bêta depuis juillet 2025. Selon les données d’AppFigures, une société spécialisée dans l’analyse des applications mobiles, « Bitchat » a atteint la première place des téléchargements sur Google Play et l’App Store en Ouganda. Au moment de la publication de cet article, elle occupe toujours la première position sur Google Play. Classement des applications Android sur Google Play en Ouganda.

Sur l’App Store, « Bitchat » a été dépassée par « AM TUNNEL LITE » et se classe désormais en deuxième position. Classement des applications iPhone sur l’App Store en Ouganda. Dans les deux classements, on observe également une forte présence d’applications VPN et de messagerie telles que « AM TUNNEL LITE », « No Internet Chat : Chat with BT », « VPN – Super Unlimited Proxy », « Thunder VPN : VPN Fast & Secure » et « Proton VPN : Fast & Secure », témoignant de la volonté des Ougandais de trouver des moyens de communication alternatifs.

Cette situation rappelle celle observée en Iran, où l’accès à Internet est également fortement restreint. Cependant, contrairement à l’Iran, où des manifestations antigouvernementales ont fait plus de 12 000 morts en quelques semaines à partir de fin 2025, l’Ouganda, malgré une corruption endémique liée à une longue dictature, affiche un soutien significatif au président Museveni, qui a contribué à stabiliser le pays après l’indépendance et à favoriser sa croissance économique. Aucune manifestation de grande ampleur n’a été signalée à ce jour.

Néanmoins, des journalistes tentant de couvrir les rassemblements politiques du président Museveni ont été confrontés à des obstacles, notamment l’utilisation de gaz poivré par les forces de sécurité. Human Rights Watch accuse le gouvernement d’avoir suspendu les activités de dix organisations non gouvernementales, dont des groupes d’observation électorale. Les partis d’opposition dénoncent une « répression » de leur part.

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