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L’Arabie saoudite n’a pas peur et défie la Chine et les États-Unis en investissant des millions de dollars dans un pays d’Amérique latine pour dominer le monde du cuivre et du lithium | réserves de lithium dans le monde | Donald Trump et le Groenland | Chili | Pérou | Bolivie | Monde

by Amélie Bernard

Publié le 16 janvier 2026 18h46. L’Arabie saoudite intensifie ses investissements en Amérique latine, ciblant particulièrement le Chili pour sécuriser son approvisionnement en cuivre et en lithium, des minéraux essentiels à sa stratégie de diversification économique et à l’essor des véhicules électriques.

  • L’Arabie saoudite est en négociations avancées avec Codelco, la compagnie minière d’État chilienne, pour des partenariats dans le cuivre.
  • Des discussions sont également en cours concernant des investissements potentiels dans la production de lithium au Chili.
  • Cette offensive s’inscrit dans une compétition géopolitique croissante pour le contrôle des ressources minérales stratégiques, opposant notamment les États-Unis et la Chine.

L’Arabie saoudite accélère sa transition vers une économie post-pétrolière en misant massivement sur les minéraux critiques tels que le cuivre, le lithium et le nickel. Cette stratégie vise à soutenir le développement de chaînes industrielles dédiées aux véhicules électriques et aux batteries, un secteur en pleine expansion. L’Amérique latine, riche en gisements et dotée d’une expertise minière établie, est devenue une région clé dans cette démarche.

Selon Cliquez sur Pétrole et Gaz (CPG), le Chili est au cœur de cette stratégie. En janvier 2025, Máximo Pacheco, président du conseil d’administration de Codelco, a confirmé l’existence de pourparlers avec les autorités saoudiennes et avec Manara Minerals – un véhicule d’investissement lié à Ma’aden et au Fonds souverain PIF – afin d’explorer des opportunités de collaboration dans le secteur du cuivre. Ce signal est d’autant plus important que Codelco est l’acteur dominant du cuivre chilien, et ses décisions ont un impact significatif sur l’ensemble du secteur.

L’intérêt saoudien ne se limite pas au cuivre. Manara Minerals a également annoncé en 2024 qu’elle étudiait des options d’investissement dans la production de lithium au Chili, confirmant ainsi une volonté de diversifier ses avoirs dans les minéraux stratégiques. Bien que le Pérou ne soit pas exclu des ambitions saoudiennes dans les domaines minier ou énergétique, l’attention se concentre actuellement sur les opportunités offertes par le marché chilien, selon Reuters.

Les investissements envisagés par l’Arabie saoudite au Chili prendraient la forme d’alliances et de co-investissements dans des projets de cuivre – participation à des initiatives, financements et coopération technologique – plutôt que d’acquisitions directes d’actifs existants. Reuters rapporte que les discussions avec le ministre saoudien des Mines et les représentants de Manara mettent l’accent sur la « création de valeur » par la collaboration, notamment par l’intégration de technologies de pointe dans les opérations minières.

Concernant le lithium, l’Arabie saoudite vise à développer des capacités de transformation des minéraux et à construire une industrie locale. Le Chili, en tant que fournisseur important de réserves et de projets en développement, représente un partenaire idéal. Parallèlement, le Chili renforce son propre programme visant à accroître le rôle de l’État dans le secteur du lithium, ce qui favorise l’entrée de capitaux étrangers via des partenariats structurés plutôt que des acquisitions directes.

L’impact économique pour le Chili pourrait être significatif, avec un financement accru pour l’expansion du secteur minier – un secteur nécessitant des investissements importants et une vision à long terme – et une diversification des partenaires vers le Moyen-Orient, réduisant ainsi la dépendance à un nombre limité d’acheteurs ou de transformateurs. Au niveau macroéconomique, ces investissements pourraient soutenir l’emploi, stimuler le développement de services, de technologies et de logistique, et favoriser la création de programmes à valeur ajoutée, tels que le raffinage et la transformation des minéraux.

L’entrée de l’Arabie saoudite dans le secteur minier latino-américain s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation de l’approvisionnement en minéraux essentiels pour son industrie nationale de batteries, de véhicules électriques et de métallurgie avancée. Reuters a souligné que l’Arabie saoudite a signé des accords de plusieurs milliards de dollars dans les secteurs minier et métallurgique afin de consolider sa transformation productive, ce qui confirme que ses mouvements à l’étranger sont guidés par une politique d’État.

Pour l’Amérique latine, l’intérêt saoudien représente l’arrivée d’un nouvel acteur dans la compétition mondiale pour les ressources minérales, renforçant ainsi le pouvoir de négociation des pays producteurs – mais aussi la pression exercée sur eux. Dans le cas du Chili, les discussions avec Codelco montrent que le débat ne porte plus seulement sur l’identité des acheteurs, mais aussi sur qui finance, participe, transfère la technologie et capte les étapes à plus forte valeur ajoutée de la chaîne de production.

Outre le Chili, l’Arabie saoudite étend sa présence au Brésil, entretient des liens financiers et infrastructurels avec la Guyane via le Fonds saoudien pour le développement et s’intéresse également au Pérou, notamment dans les domaines minier et énergétique. Plus précisément :

  • Chili : Négociations Codelco-Arabie saoudite sur le cuivre ; options d’investissement dans le lithium évaluées par Manara.
  • Brésil : Manara a réalisé un investissement d’environ 2,5 milliards de dollars américains pour acquérir 10 % de Vale Base Metals.
  • Guyane : prêts de 150 millions de dollars du Fonds saoudien pour le développement pour des projets de logement et de transport ; annonces d’une plus grande coopération.
  • Pérou : accord de coopération et d’investissements miniers (via les voies officielles) et d’expansion énergétique liée à Peru LNG (MidOcean/Aramco).

Le Chili est un producteur clé de minéraux essentiels pour les économies mondiales, notamment la Chine, les États-Unis et l’Arabie saoudite. Ses ressources ont un impact sur diverses industries clés de ces pays, telles que la technologie, les énergies renouvelables et les infrastructures. Parmi ces ressources, on peut citer :

  • Cuivre : Principal composant des câbles électriques et des véhicules électriques, particulièrement important pour la Chine et les États-Unis.
  • Lithium : Crucial pour la production de batteries de véhicules électriques, avec une forte demande en Chine et aux États-Unis.
  • Molybdène : Utilisé dans les alliages d’acier et l’industrie aérospatiale.
  • Argent : Utilisé dans l’électronique et la bijouterie.
  • Or : Important pour les réserves internationales et l’industrie électronique.
  • Fer : Essentiel à l’industrie sidérurgique.
  • Nitrates : Engrais utilisés dans l’agriculture.
  • Iode : Utilisé dans les produits pharmaceutiques et électroniques.

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