Publié le 24 septembre 2025. Le prix de l’argent a atteint des sommets historiques, porté par une demande industrielle en forte croissance liée à l’intelligence artificielle et à la transition énergétique, tandis que l’offre peine à suivre.
- Le prix de l’argent a doublé cette année, dépassant les 58 dollars l’once troy (environ 53 euros).
- La demande croissante provient des secteurs de l’intelligence artificielle, des véhicules électriques et de l’énergie solaire.
- Les stocks d’argent physique dans les principaux centres commerciaux mondiaux sont à leur plus bas niveau depuis des années.
La flambée du prix de l’argent, un métal longtemps éclipsé par l’or, témoigne d’un changement profond sur le marché des métaux précieux. Si l’or a également progressé, dépassant les 4 200 dollars l’once (environ 3 900 euros) cette année, l’argent surperforme, réduisant le ratio or/argent à son plus bas niveau depuis plusieurs années.
Au cœur de cette hausse se trouve l’essor de l’intelligence artificielle et des technologies vertes. Les semi-conducteurs avancés, indispensables aux serveurs d’IA, les véhicules électriques et les panneaux solaires nécessitent de grandes quantités d’argent en raison de ses propriétés de conductivité électrique et thermique exceptionnelles. La production d’énergie solaire, en particulier, consomme désormais des volumes records du métal.
L’utilisation industrielle représente déjà plus de la moitié de la demande mondiale d’argent, et cette part ne cesse de croître. Cette dynamique est renforcée par un contexte macroéconomique favorable, avec des anticipations de baisse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale, ce qui rend les métaux précieux plus attractifs pour les investisseurs.
Cependant, l’offre d’argent reste contrainte. La production minière a diminué dans plusieurs régions clés, notamment en Amérique centrale et en Amérique du Sud. De plus, l’argent est souvent extrait comme sous-produit d’autres minerais (cuivre, zinc, or), ce qui limite la capacité des producteurs à augmenter rapidement la production en réponse à la hausse des prix. Les stocks dans les centres de stockage comme Londres, l’un des principaux dépôts d’argent physique au monde, ont atteint leurs niveaux les plus bas depuis des années, reflétant les retraits constants des acheteurs industriels et des investisseurs.
La dynamique du marché contribue également à la pression sur les prix. Le resserrement de l’offre physique a entraîné une augmentation des taux de prêt et a forcé les vendeurs à découvert à couvrir leurs positions, amplifiant ainsi les hausses de prix. Les analystes estiment que cet écart entre l’offre disponible et les besoins de l’industrie et des investisseurs ne cesse de se creuser.
Malgré sa volatilité, les perspectives à long terme pour l’argent restent positives. La demande continue de croître dans les secteurs clés de l’énergie solaire, des véhicules électriques et de l’électronique de pointe, et il existe peu d’alternatives à l’argent pour ces applications. Certains experts prévoient un nouveau cycle haussier pour l’argent, soutenu principalement par la demande industrielle et non par la spéculation financière.
L’argent se distingue par sa double nature : valeur refuge et métal industriel, ce qui lui confère une position unique dans l’économie mondiale. Les principaux pays producteurs sont le Mexique, le Pérou, la Chine, la Russie et la Bolivie. Selon le Silver Institute, la production a diminué depuis 2020 en raison du manque d’investissements dans les mines et de la baisse de la qualité des minerais.
Depuis la pandémie de 2020, les investissements financiers dans l’argent ont également augmenté, stimulés par la recherche d’actifs tangibles en période d’incertitude économique. L’argent est considéré comme une alternative à l’or, offrant une protection contre l’inflation et les taux d’intérêt bas, mais il est généralement plus volatil et moins cher.
Les centres de commerce et de stockage de l’argent sont principalement situés à Londres et à New York. La diminution des stocks disponibles dans ces centres a suscité des inquiétudes quant à un déficit structurel de l’offre, ce qui se reflète dans les prix des contrats à terme sur l’argent.
Les experts s’accordent à dire que l’argent entre dans une nouvelle phase de son cycle économique, où les transformations technologiques et la transition énergétique se combinent à des pressions sur l’offre. Cette situation en fait l’un des métaux les plus sensibles aux chocs économiques et aux accélérations des projets d’infrastructures vertes. La récente hausse historique des prix n’est donc pas perçue comme un événement isolé, mais comme le reflet d’un changement structurel sur le marché mondial.
Pour aller plus loin
