Publié le 5 octobre 2025 17:28 (heure de La Mecque). Le chanteur libanais Fadel Shaker s’est rendu aux autorités libanaises ce dimanche, mettant fin à plus d’une décennie de cavale dans le camp de réfugiés palestiniens d’Aïn el-Hilweh, à Sidon. Cette reddition intervient dans le cadre d’une enquête concernant les événements d’Abra de 2013.
- Fadel Shaker s’est livré à une patrouille du renseignement à l’entrée du camp d’Aïn el-Hilweh.
- L’enquête se déroule sous la supervision du pouvoir judiciaire libanais.
- Son fils, Mohamed Shaker, a exprimé son soutien sur les réseaux sociaux.
L’armée libanaise a annoncé officiellement la reddition de Fadel Abdel-rahman Shaker, plus connu sous le nom de Fadel Shaker, dans un communiqué publié ce dimanche. Selon les informations disponibles, l’artiste s’est livré à une patrouille de la Direction du renseignement à l’entrée du camp d’Aïn el-Hilweh, près de Sidon.
L’enquête qui suit se déroule sous la supervision du pouvoir judiciaire compétent et concerne les événements survenus à Abra en 2013. Ces événements avaient été marqués par de violents affrontements entre des groupes armés et l’armée libanaise.
La nouvelle de la reddition de Fadel Shaker a suscité une réaction immédiate de son fils, Mohamed Shaker. Ce dernier a publié une photo de son père sur son compte Instagram, accompagnée d’un message de soutien :
« Avec des difficultés, Yusra… Et quelle que soit la route rétrécie, l’aide de Dieu est plus proche que vous ne le pensez. »

Selon des sources locales, Fadel Shaker se cachait dans le camp d’Aïn el-Hilweh depuis plus de dix ans, suite à des accusations de participation aux événements d’Abra en 2013. Il avait annoncé sa retraite de la scène musicale en 2012, un an avant ces événements.
En 2020, un tribunal militaire l’avait condamné à 22 ans de prison avec travaux forcés. Il avait ensuite été acquitté en 2018 de certaines accusations liées au meurtre de personnel militaire et à la formation d’un gang armé.
La décision de Shaker de se rendre aux autorités intervient dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes au sein du camp d’Aïn el-Hilweh. Il aurait finalement opté pour une résolution juridique de sa situation.
En juillet dernier, son représentant légal, Ama Mubarak, avait annoncé son intention de se rendre aux autorités judiciaires. Elle avait alors expliqué que l’équipe juridique travaillait à finaliser les procédures nécessaires pour régler son dossier judiciaire, resté en suspens pendant des années.
Ces déclarations faisaient suite à une publication de son bureau des médias, il y a une dizaine de jours, dans laquelle il évoquait les circonstances et les accusations qui l’avaient visé ces dernières années. Selon cette publication, Shaker n’avait pas été recherché lorsqu’il s’était réfugié dans le camp, mais avait plutôt cherché à échapper à des menaces de mort. Il avait ensuite été surpris par l’émission de mandats d’arrêt et de décisions qu’il jugeait infondées.
« Je suis innocent, et une décision d’absence a été publiée pour prouver mon innocence de l’accusation de participation à la lutte contre l’armée, et elle est disponible pour tous les médias. »
Shaker avait appelé à un réexamen de son dossier sur la base de critères purement juridiques, en dehors de toute considération politique, et à un règlement équitable fondé uniquement sur la loi.
En septembre dernier, des informations avaient fait état de une tentative d’incendie de la maison où vivait l’artiste libanais dans le camp d’Aïn el-Hilweh. Des sources locales avaient révélé que des militants avaient tenté de mettre le feu à son domicile, mais que l’intervention des voisins avait rapidement empêché la situation de s’aggraver.
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