Six ans et demi après la déclaration de la pandémie de COVID-19, les dirigeants mondiaux et l’Organisation mondiale de la Santé affirment que le monde est mieux préparé face aux crises sanitaires futures, bien que des fragilités persistent dans le financement, la surveillance et l’accès équitable aux traitements médicaux essentiels.
Le monde mieux préparé face aux urgences sanitaires
La pandémie de COVID-19 a été la crise sanitaire la plus grave qu’ait connue le monde en un siècle. Face à ce choc planétaire, l’agence onusienne reconnaît qu’à bien des égards, le monde est mieux préparé, car des mesures concrètes et significatives ont été prises pour renforcer la préparation face aux pandémies
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Un accord mondial adopté à Genève
Le jalon le plus notable de cette refonte de l’architecture sanitaire est l’adoption d’un Accord mondial sur les pandémies lors de l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2025 à Genève. Ce traité international juridiquement contraignant vise à rendre la riposte mondiale plus sûre et plus équitable. Ce cadre s’ajoute aux amendements apportés au Règlement sanitaire international en 2024, entrés en vigueur en septembre 2025.

Malgré ces avancées institutionnelles, le système d’accès aux agents pathogènes et de partage des avantages, connu sous l’acronyme PABS, nécessite encore l’adoption d’une annexe spécifique. Ce mécanisme doit encadrer le partage des échantillons biologiques tout en garantissant aux pays en développement un accès rapide aux vaccins et aux diagnostics. Par ailleurs, des tensions diplomatiques et des campagnes de désinformation ont entouré le texte, certaines voix qualifiant à tort l’accord de tentative de prise de pouvoir au détriment de la souveraineté nationale, une accusation rejetée par l’OMS et les États membres négociateurs.
Des initiatives régionales renforcées en Afrique
Le 25 septembre 2026, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, des dirigeants africains et des partenaires internationaux ont adopté l’appel de New York sur l’intelligence de la préparation transfrontalière.

La collaboration transfrontalière n’est pas une option. C’est une nécessité et un impératif de sécurité sanitaire.
Faustin-Archange Touadéra, Président de la République centrafricaine
Cette dynamique fait suite à un protocole d’accord signé en août 2026 par les ministres de la Santé de dix pays africains. Pour concrétiser ces engagements, les gouvernements s’appuient sur la plateforme numérique Voyage Sante+, développée pour le dépistage et le partage d’informations aux points d’entrée des frontières, garantissant que les États conservent la maîtrise de leurs données.
La perception des populations modifiée face aux nouveaux risques
Le rapport sur les risques mondiaux des Nations Unies relève que les nouvelles pandémies et les risques biologiques sont sortis des dix principaux risques dans l’ensemble des sept régions du monde, y compris en Afrique subsaharienne. Six ans après la COVID-19, les personnes interrogées placent désormais la guerre, les tensions géopolitiques et les inégalités avant les menaces de santé publique.
Les experts et les commissions d’analyse insistent également sur la nécessité d’intégrer la protection sociale dans la lutte contre les crises. Durant la pandémie de COVID-19, l’incapacité de nombreux ménages vivant de l’économie informelle à respecter les restrictions sans compensation financière a démontré que la sécurité sanitaire ne peut reposer uniquement sur les infrastructures médicales, mais exige un soutien direct aux moyens de subsistance.