Publié le 31 décembre 2025 à 08h58. L’Australie exprime sa vive inquiétude face aux vastes exercices militaires chinois menés près de Taïwan, craignant une escalade des tensions régionales. Canberra a directement fait part de ses préoccupations à Pékin, alors que les manœuvres, baptisées « Justice Mission 2025 », suscitent des craintes internationales.
- L’Australie s’oppose fermement à toute action susceptible d’accroître le risque d’incidents, d’erreurs d’appréciation ou d’escalade dans le détroit de Taïwan.
- L’Armée populaire de libération (APL) a lancé lundi une simulation d’attaque à grande échelle, tirant 27 missiles et déployant une importante force aérienne et navale.
- Les responsables australiens ont exprimé leurs inquiétudes à leurs homologues chinois, soulignant l’importance du dialogue pour gérer les différends.
Canberra a exprimé sa profonde préoccupation concernant les exercices militaires de grande envergure menés par la Chine près de Taïwan. Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT) a déclaré que ces simulations risquaient de déstabiliser la région et d’augmenter le risque d’incidents ou d’une escalade involontaire. L’APL, l’armée chinoise, a débuté lundi ces manœuvres, qu’elle a nommées « Justice Mission 2025 ».
Selon DFAT, ces exercices sont « profondément préoccupants, déstabilisants et risquent d’attiser les tensions régionales ». Dans un communiqué, le ministère a insisté sur la nécessité de résoudre les différends par le dialogue plutôt que par la force ou la coercition. « L’Australie s’oppose à toute action unilatérale visant à modifier le statu quo dans le détroit de Taïwan. La paix et la stabilité sont dans notre intérêt à tous », a-t-il ajouté.
Le ministère taïwanais de la Défense a rapporté que l’APL a tiré mardi 27 missiles depuis la côte chinoise vers les eaux proches de l’île. Au moins 70 avions de guerre chinois, 11 navires de la marine et 14 navires des garde-côtes militarisés chinois ont également été détectés. Les missiles se sont rapprochés de l’île principale de Taïwan par rapport aux précédents exercices de tir réel, certains atterrissant dans la zone contiguë maritime de 24 milles marins (environ 44 kilomètres).
Lundi, l’armée taïwanaise a détecté 130 avions de guerre, 28 navires, des navires d’assaut amphibies et un ballon de surveillance dans les 24 heures. Il s’agit du sixième exercice militaire majeur de l’APL visant Taïwan depuis 2022, en réponse notamment à la visite de l’ancienne présidente américaine Nancy Pelosi sur l’île. En avril dernier, l’APL avait déjà mené une opération de deux jours, « Strait Thunder-2025A », laissant entrevoir une suite, potentiellement « Strait Thunder-2025B », avant la fin de l’année.
Des analystes soulignent que c’est la première fois que l’APL déclare explicitement chercher à dissuader toute intervention internationale. De plus, un nombre inhabituel d’avions de l’APL sont restés visibles sur les écrans radar pendant les exercices.
Interrogé sur ces manœuvres, l’ancien président américain Donald Trump a déclaré entretenir d’excellentes relations avec le président chinois Xi Jinping, affirmant :
« Il ne m’en a rien dit. »
Donald Trump, ancien président américain
Il a également minimisé le risque d’une invasion, déclarant :
« Je ne crois pas qu’il le fera. Rien ne m’inquiète. »
Donald Trump, ancien président américain
Pékin considère Taïwan comme une province chinoise et se prépare à une éventuelle annexion militaire, avec l’objectif, selon les estimations des services de renseignement américains remontant à plusieurs années, de pouvoir envahir l’île d’ici 2027.
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