Home Monde« L’avancée conservatrice dure » de l’Europe – La « guerre par procuration entre les États-Unis et la Chine » de l’Amérique latine – La « solidarité autoritaire » de l’Asie[창간 34주년 특집]

« L’avancée conservatrice dure » de l’Europe – La « guerre par procuration entre les États-Unis et la Chine » de l’Amérique latine – La « solidarité autoritaire » de l’Asie[창간 34주년 특집]

by Clara Dubois

Publié le 30 octobre 2025 00:22:00. La compétition géopolitique entre les États-Unis et la Chine s’intensifie à l’échelle mondiale, exacerbant les tensions en Europe et en Amérique latine, tandis que les pays autoritaires renforcent leur coopération face à une influence occidentale perçue comme déclinante.

  • L’extrême droite européenne gagne du terrain, portée par des courants nationalistes et anti-immigration similaires à ceux observés aux États-Unis.
  • En Amérique latine, une « guerre par procuration » entre les États-Unis et la Chine se manifeste par des alliances divergentes entre gouvernements de gauche et de droite.
  • La Chine, la Russie et la Corée du Nord consolident leurs liens, affichant une solidarité croissante face à l’Occident.

La rivalité pour l’hégémonie entre les États-Unis et la Chine, initialement alimentée par les droits de douane imposés par l’administration Trump et les restrictions chinoises sur les exportations de terres rares, s’étend désormais à tous les continents. L’Europe, l’Amérique latine et l’Asie sont devenues des terrains de jeu pour cette compétition, avec des conséquences notables sur la stabilité politique et économique de ces régions.

En Europe, l’ascension de l’extrême droite suscite des inquiétudes quant à la pérennité des valeurs libérales. Des partis nationalistes, souvent soutenus par des figures proches de l’ancien président américain Donald Trump, progressent dans les sondages et lors des élections. Giorgia Meloni, Première ministre italienne et figure de proue de la droite conservatrice, est au pouvoir depuis octobre 2022 et est considérée comme l’un des chefs de gouvernement les plus anciens d’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Sa relation étroite avec Donald Trump, qu’elle est perçue comme capable de comprendre intuitivement, inquiète certains au sein de l’Union européenne (UE) qui craignent une fragilisation de la solidarité européenne.

En France, le Rassemblement national (RN), dirigé par Marine Le Pen, menace la présidence d’Emmanuel Macron avec ses 142 sièges parlementaires. En Allemagne, l’Alternative für Deutschland (AfD) continue de gagner en popularité, se plaçant en tête des intentions de vote. Au Royaume-Uni, le Parti réformiste britannique enregistre également une forte progression. En République tchèque, le parti d’extrême droite Affirmative d’Andrej Babiš, surnommé le « Trump de Prague », a remporté une victoire écrasante aux élections législatives du 3 et 4 octobre, obtenant 34,7 % des voix. En Pologne, le candidat indépendant Karol Navrodsky, soutenu par le parti d’extrême droite Droit et Justice (PiS), a remporté l’élection présidentielle de juin.

Ces mouvements partagent une rhétorique commune axée sur la lutte contre l’immigration et la priorité donnée aux intérêts nationaux. Donald Trump a activement soutenu ces partis européens d’extrême droite, critiquant même la justice française en la qualifiant de « chasse aux sorcières » après la condamnation de Marine Le Pen pour détournement de fonds. Le chancelier allemand Friedrich Merz a récemment déclaré : « Nous ne pouvons pas coopérer avec l’AfD » et a ajouté : « Elle sera notre ennemi juré au cours des prochaines années ».

Cette ingérence de Donald Trump dans les affaires intérieures européennes perturbe la stratégie américaine visant à former un front uni face à la Chine dans le cadre de la guerre commerciale. Les dirigeants européens expriment leur méfiance envers l’ancien président américain et désapprouvent son approche consistant à utiliser les partis d’extrême droite comme alliés.

En Amérique latine, traditionnellement considérée comme le « patio trasero » des États-Unis, la compétition sino-américaine se traduit par une « guerre par procuration ». Les gouvernements de gauche, tels que ceux du Venezuela, du Pérou, de Cuba et du Chili, renforcent leur coopération avec la Chine, notamment dans les domaines des infrastructures et du financement. Le Venezuela cherche à reconstruire son industrie pétrolière grâce à l’aide chinoise, tandis que Cuba dépend de plus en plus des entreprises chinoises pour ses infrastructures de communication et ses équipements médicaux. Le Pérou a achevé la construction du port de Chancai, un important hub logistique sur la côte Pacifique, avec le soutien financier de la Chine, un projet clé de l’initiative chinoise « Une ceinture, une route ». La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) se positionne comme une plateforme de coopération Sud-Sud, promouvant une alternative à l’ordre mondial dominé par les États-Unis.

Parallèlement, les gouvernements de droite, comme ceux d’Argentine, d’Équateur, du Salvador et de Bolivie, privilégient la coopération avec les États-Unis pour stabiliser leurs économies et attirer les investissements étrangers. L’Argentine a récemment signé un accord d’échange de devises d’une valeur potentielle de 20 milliards de dollars (environ 28 400 milliards de wons) avec le Trésor américain pour tenter de calmer l’instabilité du marché des changes. L’Équateur a également renoué avec le programme d’assistance à la sécurité des États-Unis et lancé une « guerre contre la drogue ». Ces pays mettent en avant l’ouverture du marché, le renforcement de la sécurité et la lutte contre le socialisme comme leurs priorités.

Les tensions s’intensifient entre les pays d’Amérique latine, les gouvernements de droite accusant la Chine de tolérer la corruption, tandis que les gouvernements de gauche dénoncent l’ingérence américaine dans leurs affaires intérieures. Margaret Myers, professeure de relations internationales à l’Université Johns Hopkins, met en garde contre un retour à une logique de « guerre froide » en Amérique latine : « Actuellement, les pays d’Amérique latine tentent de naviguer dans la dynamique complexe entre les deux superpuissances, les États-Unis et la Chine. À mesure que la concurrence s’intensifie, il existe un risque qu’un autre type de structure de factions soit créé. »

Enfin, la Chine, la Russie et la Corée du Nord renforcent leur coopération, affichant une solidarité croissante face à l’Occident. La présence conjointe des présidents Xi Jinping, Vladimir Poutine et Kim Jong-un au défilé militaire commémorant la victoire de la Chine dans la guerre sino-japonaise et la Seconde Guerre mondiale a été interprétée comme un symbole de cette alliance. La Corée du Nord cherche à améliorer son image internationale grâce à ce rapprochement. Le Premier ministre chinois Li Chang a assisté à la cérémonie commémorative du 80e anniversaire de la fondation du Parti des travailleurs de Corée du Nord à Pyongyang, témoignant d’un renforcement des liens entre les trois pays. Sur le plan économique, la Chine est le principal partenaire commercial de la Corée du Nord, tandis que la Russie augmente ses ventes de pétrole et de gaz à la Chine, en contournant les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine.

La Corée du Nord considère cette coopération comme une opportunité d’acquérir une reconnaissance internationale. Le magazine diplomatique américain « The Diplomat » analyse : « Pour Kim Jong-un, les événements d’octobre étaient une « reconnaissance internationale » » et « la présence de deux grandes puissances (la Chine et la Russie) a donné à Kim Jong-un une forme visuelle de « légitimité extérieure » ».

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