Publié le 8 octobre 2025. Un nouveau club de cinéma à l’Université Simon Fraser vise à stimuler le dialogue interculturel et à créer un espace de rencontre entre le monde universitaire et la communauté à travers le prisme du cinéma.
- Le Club de cinéma du Centre d’études musulmanes comparatives (CCMS) de SFU propose une programmation automnale axée sur des thèmes variés, allant de la politique égyptienne aux luttes de femmes en Inde.
- Fondé par des étudiants chercheurs, le club se veut un lieu d’échange informel et accessible à tous, au-delà du cadre académique.
- Les projections de films sont suivies de discussions ouvertes, encourageant la participation du public et le partage d’expériences.
Le Centre d’études musulmanes comparatives (CCMS) de l’Université Simon Fraser a récemment vu naître un club de cinéma, une initiative portée par Parsa Alirezaei, assistant de recherche au centre, en collaboration avec Joseph Methuselah, également assistant de recherche et coordinateur audiovisuel, et Kylie Broderick. L’objectif principal de ce club est d’utiliser le cinéma comme un outil pour favoriser le dialogue autour des sociétés, des cultures et des diasporas musulmanes, tout en créant un « troisième espace » – un lieu de rencontre – qui comble le fossé entre le monde universitaire et la communauté environnante.
L’idée de ce club de cinéma a germé chez Parsa Alirezaei suite à son expérience au sein du Club des étudiants iraniens de SFU. Il se souvient que les soirées cinéma du vendredi rassemblaient les étudiants autour de films qui suscitaient des discussions animées sur des questions sociales et culturelles. « Les gens commençaient à s’engager avec beaucoup de questions sociales, des questions culturelles. Il y aurait des discussions avant et après le film. Beaucoup d’amitiés ont été nouées, ce qui était vraiment beau à voir », a-t-il expliqué.
En rencontrant Joseph Methuselah au CCMS, Parsa Alirezaei a saisi l’opportunité de mettre en œuvre ce modèle. Cependant, il insiste sur le fait que le club de cinéma ne doit pas être perçu comme une simple extension des activités académiques du centre. « Nous voulions vraiment avoir quelque chose de plus intime, non ? L’expérience de sortir et de regarder le film, non seulement pour son savoir-faire artistique mais aussi son sujet. Vous savez, vous pouvez aussi détester le film. Nous vivons cela ensemble », a-t-il souri.
La programmation automnale du club de cinéma reflète cette volonté de créer un espace d’échange et de partage. Le film Complot du Caire a été projeté le 23 septembre, tandis que Le Message est prévu pour le 28 octobre, en amont du Mois canadien de l’histoire islamique. Enfin, Quelque chose comme une guerre est annoncé pour le 25 novembre. Chaque film offre une perspective différente : la politique et la religion en Égypte, une histoire fondatrice importante pour de nombreux musulmans, et les luttes de femmes marginalisées en Inde confrontées à la violence de l’État.
En proposant ces films, le club de cinéma entend contribuer à la mission du CCMS, qui consiste à « déplacer l’analyse de la notion d’un seul paysage religieux défini par la religion de l’islam à celui des musulmans de différentes expériences et interprétations comme des agents dans la construction de leurs sociétés et cultures ». « Nous voulons couvrir la complexité géographique et sociologique des communautés qui sont dans notre mandat et les communautés qui interagissent avec elles également », précise Parsa Alirezaei.
« Nous voulons juste créer une communauté de personnes qui veulent en apprendre davantage sur le monde du Moyen-Orient, de l’Asie du Sud, de l’Asie du Sud-Est et de la diaspora. »
Parsa Alirezaei, assistant de recherche au CCMS
Le club de cinéma est ouvert à tous, étudiants comme non-étudiants. Les projections de films sont généralement suivies de discussions animées, allant de présentations PowerPoint à des conférences d’invités en passant par des échanges spontanés. L’essentiel est d’apporter sa curiosité et de s’engager dans des conversations fondées sur les connaissances situées des participants et leurs expériences personnelles.
En se réunissant autour de ces films, le cinéma devient bien plus qu’un simple divertissement. Il se transforme en un pont, un miroir, une source de provocation, de désaccord, et finalement, une réimagination collective. Parsa Alirezaei est convaincu que le cinéma est un médium particulièrement puissant pour susciter l’empathie. « Je pense que ce que le film fait bien, c’est… humaniser une expérience. Il y a quelque chose à regarder un humain traverser les émotions d’être humain dans un contexte. C’est pourquoi l’art peut avoir un impact particulièrement important. » En déconstruisant ces films, nous comprenons comment la production culturelle façonne notre imagination – comme des portails vers des mondes lointains, vers des vies telles qu’elles sont vécues.
Pour participer aux projections, veuillez envoyer un courriel au CCMS à [email protected] et consulter leur site web pour connaître les prochaines dates.
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