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Publié le 19 octobre 2025 10h25. Une étude internationale révèle que, bien que le cerveau masculin soit en moyenne 10 % plus volumineux que le cerveau féminin, il connaît un déclin plus rapide avec l’âge, sans pour autant que cette différence structurelle soit liée à un risque accru de démence.

  • Les hommes présentent une atrophie cérébrale plus rapide que les femmes, notamment dans le cortex, la zone responsable du traitement des sensations et du mouvement.
  • Une recherche menée auprès de près de 5 000 volontaires a révélé que la taille du cerveau n’est pas un indicateur de risque de démence, y compris la maladie d’Alzheimer.
  • Une autre étude suggère qu’un gène sur le chromosome X pourrait expliquer la plus grande prévalence de la maladie d’Alzheimer chez les femmes en augmentant l’inflammation cérébrale.

Des neuroscientifiques de l’Université de Sydney et de l’Université d’Oslo ont mis en évidence des différences dans la vitesse de l’atrophie cérébrale entre les hommes et les femmes. Publiée dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), cette étude s’appuie sur l’analyse de données issues d’imageries par résonance magnétique (IRM) répétées sur une période de plusieurs années.

L’étude a révélé que, dans une région spécifique du cortex cérébral impliquée dans le traitement des sensations tactiles, de température, de douleur, ainsi que de la position et des mouvements du corps, le volume diminue de 1,2 % par an chez les femmes, contre 2 % chez les hommes. Les chercheurs ont constaté que le déclin affectait davantage de régions cérébrales chez les hommes, et était plus concentré dans le cortex.

« Les hommes présentent un déclin dans davantage de régions du cerveau, y compris de nombreuses zones du cortex »,

Neuroscientifiques

L’étude a porté sur près de 5 000 participants, tous exempts de troubles cognitifs, et a consisté en plusieurs IRM réalisées à intervalles de trois ans ou plus. Contre toute attente, les chercheurs n’ont trouvé aucun lien entre la taille du cerveau et le risque de démence. Cette découverte est d’autant plus surprenante que la maladie d’Alzheimer touche les femmes dans les deux tiers des cas et est liée à l’âge.

Anne Ravndal, de l’Université d’Oslo, a expliqué :

« Si le cerveau féminin avait montré une réduction de volume plus rapide que le cerveau masculin, cela nous aurait aidé à expliquer la prévalence plus élevée de la maladie d’Alzheimer. »

Anne Ravndal, Université d’Oslo

Les différences entre les sexes en matière de santé neurologique sont bien établies. L’autisme, la dyslexie et le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité sont plus fréquents chez les hommes, tandis que les femmes sont plus susceptibles de souffrir de dépression, d’anxiété et d’anorexie. Jusqu’à présent, les liens entre ces différences et les variations structurelles du cerveau restaient flous.

Il est important de noter que la différence de volume cérébral observée entre les hommes et les femmes en âge adulte n’est pas corrélée à des différences de quotient intellectuel (QI). Le QI varie considérablement d’un individu à l’autre, indépendamment du sexe. Comme l’a souligné un adage, si l’intelligence était uniquement déterminée par la taille du cerveau, les humains d’aujourd’hui seraient moins intelligents que nos ancêtres d’il y a 100 000 ans, dont le cerveau était 13 % plus volumineux.

Aujourd’hui, même un expert ne peut distinguer visuellement un cerveau masculin d’un cerveau féminin. C’est un modèle d’intelligence artificielle, formé pour détecter les moindres détails dans les IRM, qui a réussi cet exploit pour la première fois en 2024, selon une étude publiée dans Scientific Reports.

Parallèlement, une autre étude, publiée dans Science Translational Medicine, menée sur des souris, suggère une autre piste pour expliquer la plus grande vulnérabilité des femmes à la maladie d’Alzheimer. Des chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles ont identifié un gène situé sur le chromosome X, responsable d’un niveau élevé d’inflammation dans certaines cellules cérébrales, les microglies, qui jouent un rôle clé dans la défense immunitaire. Les femmes, possédant deux copies du chromosome X, présentent donc une activité accrue de ce gène pro-inflammatoire.

L’inflammation des tissus cérébraux est un facteur délétère dans le vieillissement, le développement de la maladie d’Alzheimer et de la sclérose en plaques, une autre maladie qui touche les femmes plus fréquemment que les hommes (avec un ratio de trois pour un).

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Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.
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