Publié le 19 décembre 2025 à 09h01. Les autorités de Lampung appellent les habitants de trois villages à coopérer avec les procédures légales concernant l’occupation de terres appartenant à une entreprise de plantation, tout en proposant des solutions pour apaiser les tensions foncières.
- L’inspecteur général Helfi Assegaf, chef de la police régionale de Lampung, a demandé aux occupants de Kampung Negara Aji Tua, Negara Aji Baru et Bumi Aji de respecter les droits de propriété de PT Bumi Sentosa Abadi (BSA).
- Les terres en question sont légalement protégées par un certificat de droit de culture (HGU) délivré par l’Agence nationale foncière (BPN).
- La police s’engage à maintenir la neutralité et à privilégier les approches préventives et persuasives, tout en se réservant le droit d’intervenir si la loi est enfreinte.
Le conflit foncier qui oppose les habitants de trois villages du district d’Anak Tuha, dans la régence centrale de Lampung, à la société PT Bumi Sentosa Abadi (BSA) dure depuis plusieurs années. L’inspecteur général Helfi Assegaf a souligné mercredi que les terres revendiquées par les communautés locales comme terres coutumières sont en réalité légalement détenues par BSA, en vertu d’un certificat HGU. Ce document, délivré par l’Agence nationale foncière (BPN), confère à l’entreprise des droits permanents sur ces terres, confirmés par une décision de justice.
« Sur la base des documents officiels du gouvernement, le terrain est un HGU appartenant à PT Bumi Sentosa Abadi. Sa légalité a été renforcée par une décision de justice, ce qui signifie que la propriété et le contrôle sont valides sur le plan légal », a déclaré l’inspecteur général Helfi Assegaf. Il a précisé que cette situation est conforme au règlement gouvernemental (PP) numéro 26 de 2001 concernant les HGU, les droits d’utilisation des bâtiments (HGB) et les droits d’utilisation des terres, qui accorde aux personnes morales le droit de cultiver des terres pendant une période déterminée, avec une garantie juridique pendant cette période.
Les autorités ne sont pas restées passives face à ce conflit. Des efforts de médiation ont été entrepris, impliquant les communautés locales, le gouvernement régional et l’entreprise PT BSA. Dans le cadre de ces négociations, PT BSA s’est engagée à allouer 20 % de ses plantations à des cultures de plasma destinées aux communautés environnantes, une mesure visant à favoriser leur autonomisation économique et sociale. Cette proposition s’inscrit dans le cadre du règlement du ministère de l’Agriculture (Permentan) numéro 18 de 2021, qui oblige les entreprises à faciliter le développement de plantations de plasma d’au moins 20 % de la superficie totale de leurs permis d’exploitation.
Malgré ces efforts, le chef de la police régionale a constaté une divergence de vues. « Nous avons invité toutes les parties à s’asseoir ensemble, avec le soutien du gouvernement régional. L’entreprise s’est engagée à faciliter une plantation de plasma à 20 %, conformément aux dispositions en vigueur. Cependant, à mesure que le projet avançait, certains habitants ont rejeté cette proposition et ont exigé le contrôle total des terres », a-t-il expliqué. Cette opposition est, selon lui, la principale raison pour laquelle le conflit n’a pas pu être résolu.
L’inspecteur général Helfi Assegaf a insisté sur la neutralité de la police dans cette affaire. « Nous ne prenons parti pour personne. La police se contente d’exercer ses fonctions de maintien de la sécurité et de l’ordre public et de veiller à ce que toutes les parties respectent la loi », a-t-il affirmé. Il a ajouté que la police, tant au niveau central qu’au niveau régional, tient compte des aspirations des communautés locales, mais qu’elle doit toujours agir dans le respect de la loi.
La police privilégie une approche préventive et persuasive pour gérer ce conflit. Les forces de l’ordre s’efforcent d’éviter les affrontements et les actions susceptibles de porter préjudice à l’une ou l’autre des parties. Cependant, l’inspecteur général Helfi Assegaf a averti que si les efforts de persuasion échouent et que la situation risque de perturber l’ordre public ou de violer la loi, des mesures d’application de la loi pourraient être prises. Il a réitéré son appel à la coopération et à la retenue de la part des occupants des terres de PT BSA, afin de préserver la sécurité et l’ordre dans la région. « Nous espérons que la communauté pourra travailler ensemble, maintenir la convivialité et suivre le processus en cours », a-t-il conclu.