Publié le 15 janvier 2026 à 11h33. Le Comité pour la Liberté des Prisonniers Politiques (CLIPP) dénonce l’instrumentalisation politique des récentes libérations de détenus au Venezuela, exigeant transparence et respect de la souffrance des victimes.
- Le CLIPP rejette l’utilisation des libérations de prisonniers politiques comme outil de propagande par le régime vénézuélien.
- L’organisation conteste les chiffres officiels annoncés par le gouvernement, les jugeant incohérents avec les données publiques disponibles.
- Plus de 1 000 personnes seraient toujours détenues arbitrairement au Venezuela, selon le CLIPP.
Le Comité pour la Liberté des Prisonniers Politiques (CLIPP) a fermement critiqué ce mercredi l’exploitation médiatique des libérations de personnes considérées comme des prisonniers politiques au Venezuela. L’organisation accuse le gouvernement d’utiliser ces libérations à des fins de propagande, minimisant ainsi la réalité des souffrances endurées par les détenus et leurs familles.
« Les personnes emprisonnées pour des raisons politiques ne sont pas des objets ou des outils de propagande. Ce sont des êtres humains, avec des noms, des histoires et des familles qui souffrent quotidiennement. Nous exigeons le respect de la douleur des victimes. »
CLIPP, déclaration sur X
La réaction du CLIPP fait suite aux déclarations de Delcy Rodríguez, la vice-présidente du Venezuela, qui a affirmé que 406 personnes considérées comme des prisonniers politiques avaient été libérées à ce jour. L’organisation dénonce cependant un chiffre « qui ne résiste même pas à la somme des données officielles publiées depuis le 25 décembre 2025 ». Selon le CLIPP, les données du Ministère du Service Pénitentiaire font état de 99 libérations le 25 décembre, 88 pour le Nouvel An et 116 lundi dernier, sans qu’aucune liste des bénéficiaires n’ait été rendue publique.
L’ONG réclame une « information publique, véridique et transparente », ainsi que la publication d’une liste exhaustive des personnes privées de liberté pour des motifs politiques, incluant l’identification de celles qui ont été libérées, la date de leur libération, le centre de détention où elles étaient incarcérées, les conditions de leur libération et leur statut juridique actuel.
Mercredi, l’ONG Foro Penal a confirmé la libération de 84 prisonniers politiques depuis jeudi dernier, suite à l’annonce par le régime de la libération d’un « nombre important » de détenus au Venezuela, quelques jours après la capture de l’ancien dirigeant Nicolás Maduro et de son épouse, Cils Flores.
Selon Foro Penal, parmi les personnes libérées jusqu’à 20h30 heure locale, figuraient 17 étrangers ou Vénézuéliens ayant la double nationalité, ainsi que plus d’une douzaine de journalistes. Le directeur de l’ONG, Gonzalo Himiob, a précisé sur le réseau social X que « certains prisonniers libérés » avaient demandé à ce que leur identité soit protégée.
« À ce jour, nous pouvons dire qu’il y a déjà 406 sorties prévues ces jours-ci. »
Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela
Delcy Rodríguez a souligné que le processus de libération des prisonniers politiques « n’est pas encore terminé » et se poursuit en coordination avec le système judiciaire vénézuélien, dans le but d’« ouvrir un nouveau chapitre qui permette de comprendre la diversité politique ». Le président du Parlement, Jorge Rodríguez, a affirmé avoir mis à disposition les « listes » de libérations, bien qu’elles n’aient pas encore été rendues publiques. Cette affirmation est corroborée par des ONG, des militants, des familles et des partis politiques, qui exigent une transparence totale concernant les chiffres et la publication des registres.
L’organisation Provea, dédiée à la défense des droits de l’homme, a dénoncé mardi des « retards injustifiés et des abus autoritaires » qui, selon elle, entravent la finalisation des libérations annoncées.
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