Le conseil d’administration du Palomar College a supprimé mardi une politique antiraciste adoptée en 2021, malgré une forte opposition de la communauté étudiante et du corps professoral. Cette décision intervient dans un contexte de remise en question croissante des initiatives de diversité et d’inclusion dans certaines universités et entreprises américaines.
À retenir
- Le conseil d’administration a voté en faveur de la suppression de la politique antiraciste par quatre voix contre deux.
- La présidente du conseil d’administration, Jacqueline Kaiser, a justifié cette décision en invoquant des risques juridiques potentiels et en citant des exemples d’autres institutions ayant pris des mesures similaires.
- Des étudiants et des professeurs ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact de cette suppression sur l’engagement du collège en faveur de l’équité et de l’inclusion.
Contexte
La politique antiraciste avait été adoptée en 2021, en réaction au meurtre de George Floyd et aux manifestations qui ont suivi à travers les États-Unis. Elle affirmait l’engagement du Palomar College à lutter contre toutes les formes de racisme, notamment la suprématie blanche, et à promouvoir l’équité raciale. La politique soulignait également l’importance de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (DEI) pour la réussite des étudiants.
Au cours des derniers mois, plusieurs universités et entreprises ont revu leurs politiques en matière de DEI, parfois sous la pression de législations restrictives ou en anticipation de coupes budgétaires fédérales. L’Université de Floride, l’Université du Michigan, Amazon, Meta et McDonald’s figurent parmi les institutions ayant récemment modifié ou supprimé des déclarations similaires.
Ce qui change
La suppression de la politique antiraciste signifie que le Palomar College ne disposera plus d’une déclaration spécifique du conseil d’administration sur la lutte contre le racisme et la promotion de l’équité raciale. La présidente du conseil, Jacqueline Kaiser, a cependant assuré que cela ne remettait pas en question l’engagement du collège en faveur de ces valeurs, mais que la formulation actuelle de la politique était considérée comme problématique.
Yvette Acosta, administratrice du conseil, a qualifié la politique de « performative », soulignant que le collège dispose déjà de politiques de non-discrimination et d’égalité des chances, basées sur des lois étatiques et fédérales.
Les opposants à la suppression de la politique craignent qu’elle n’envoie un message négatif aux étudiants et à la communauté, et qu’elle ne compromette les efforts du collège en matière d’inclusion. Un professeur a notamment déploré la suppression d’une reconnaissance foncière en juillet dernier, et s’inquiète d’une érosion continue des engagements en faveur de la diversité.
Prochaines étapes
Le conseil d’administration a créé un sous-comité chargé d’examiner les préoccupations soulevées par la suppression de la politique et de proposer des solutions. Cependant, la présidente Kaiser a insisté sur le fait qu’il n’était pas nécessaire de revenir sur cette décision. Le mandat et le calendrier de ce sous-comité restent à définir.
« Nous devons nous pencher sur la sécurité de cette institution, et nous savons tous, et nous avons tous entendu, quelles sont les implications si nous ne faisons rien », a déclaré Kaiser, sans préciser la nature de ces implications.
Chiffres clés
| Vote pour la suppression | 4 voix |
|---|---|
| Vote contre la suppression | 2 voix |
Sources
Réunion du conseil d’administration du Palomar College, 24 septembre 2024.
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