Publié le 16 mai 2024 10h30. La Poste britannique a annoncé une nouvelle prolongation de son contrat avec Fujitsu pour le système informatique Horizon, malgré le scandale majeur qui l’entoure, tout en accélérant la recherche d’une solution de remplacement.
- La Poste verse 41 millions de livres sterling (environ 48 millions d’euros) supplémentaires à Fujitsu pour maintenir le système Horizon opérationnel jusqu’en mars 2027.
- L’entreprise cherche activement un nouveau fournisseur pour prendre le relais d’Horizon, avec l’objectif d’attribuer un contrat d’ici juillet 2026.
- Le scandale Horizon a vu plus de 900 sous-maîtres de poste injustement poursuivis en raison d’erreurs logicielles qui ont faussé les comptes de leurs succursales.
Malgré les promesses de s’éloigner rapidement de Fujitsu et du système Horizon, La Poste britannique a été contrainte de prolonger son contrat avec le géant japonais de l’informatique. Cette décision, assortie d’un versement supplémentaire de 41 millions de livres sterling (environ 48 millions d’euros), permet de maintenir le système en fonctionnement jusqu’en mars 2027. La Poste affirme que cette prolongation est une mesure temporaire, nécessaire pendant qu’elle recherche activement une alternative.
Un porte-parole de La Poste a déclaré :
« Nous sommes déterminés à nous éloigner de Fujitsu et du système Horizon dès que possible. Nous faisons appel à un autre fournisseur pour reprendre Horizon pendant qu’un nouveau système est développé, et ce processus est en bonne voie. »
Porte-parole de La Poste
L’objectif est d’attribuer un contrat à un nouveau fournisseur d’ici juillet 2026, mais des sources proches du dossier, citées par la BBC, suggèrent que ce calendrier pourrait être repoussé jusqu’en 2028, le temps que le nouveau prestataire prenne pleinement en charge le système.
Le scandale lié à Horizon, un système comptable utilisé dans les succursales de La Poste à travers le Royaume-Uni, a éclaté au grand jour ces dernières années. Plus de 900 sous-maîtres de poste ont été injustement accusés de vols et de fraudes, sur la base de données erronées fournies par le logiciel. Ces accusations ont conduit à des poursuites pénales, des faillites personnelles et une profonde crise de confiance envers La Poste.
Initialement, La Poste avait entrepris de développer une solution interne, baptisée NBIT, pour remplacer Horizon. Cependant, ce projet a été abandonné en novembre 2024, suite à la prise de fonction de Nigel Railton, le nouveau président de l’entreprise, en raison de coûts croissants et d’une complexité excessive. La Poste s’oriente désormais vers l’acquisition d’une solution logicielle auprès d’un fournisseur externe.
Le gouvernement britannique suit de près cette situation. Un porte-parole a souligné :
« Nous travaillons aussi rapidement que possible pour garantir que La Poste dispose de la technologie dont elle a besoin, y compris en remplaçant Horizon, en tant qu’élément essentiel de la transformation plus large de l’entreprise. Le fait qu’ils utilisent toujours le système Horizon indique un sous-investissement passé, qui ne peut pas être corrigé du jour au lendemain. Nous devons donc garantir que les maîtres de poste disposent des outils dont ils ont besoin pour continuer à servir leurs clients dans l’intervalle. »
Porte-parole du gouvernement britannique
Fujitsu a présenté ses excuses pour son rôle dans le scandale, reconnaissant que le système Horizon présentait dès le départ des bugs, des erreurs et des défauts. Paul Patterson, le directeur de sa filiale européenne, a admis que l’entreprise avait une « obligation morale » de contribuer financièrement aux réparations, mais aucun calendrier ni montant précis n’ont encore été annoncés.