Le mouvement citoyen Le Coût Menstruel a lancé une pétition à l’Assemblée nationale du Québec pour lutter contre la précarité menstruelle. Ouverte jusqu’au 10 juin 2026, cette initiative demande la gratuité des protections pour les personnes de moins de 26 ans et les ménages à faible revenu, ainsi qu’un plan provincial dédié.
Les revendications de la pétition Le Coût Menstruel
La lutte contre la précarité menstruelle s’organise désormais formellement au Québec. Selon Le Réveil, le collectif Le Coût Menstruel — composé de professionnels de la santé et d’employés de pharmacie — sollicite l’intervention du gouvernement pour garantir un accès universel et gratuit aux protections périodiques pour les populations les plus vulnérables.
La pétition, dont la date limite de signature est fixée au 10 juin 2026, s’articule autour de trois axes principaux :
- La gratuité totale des produits menstruels pour toutes les personnes de moins de 26 ans.
- L’accès gratuit pour les personnes à faible revenu, sans condition d’âge.
- L’élaboration d’un plan québécois global de lutte contre la précarité menstruelle, incluant l’étude de mesures pour élargir l’accès gratuit.
L’objectif est de transformer une gestion individuelle et souvent coûteuse de l’hygiène menstruelle en un droit accessible, éliminant ainsi le stress financier lié à un besoin biologique fondamental.
La réalité de la précarité menstruelle au Québec
Loin d’être un phénomène marginal, la difficulté d’accès aux protections menstruelles est une réalité tangible dans les pharmacies québécoises. Le projet est né d’une initiative locale où un groupe de pharmacies a choisi de proposer des produits menstruels au prix coûtant. Ce geste a agi comme un révélateur social.
Nous avons été frappés par le nombre de personnes qui nous ont raconté devoir choisir entre des produits menstruels et d’autres besoins essentiels. Cette réalité existe ici, au Québec, et elle mérite qu’on en parle.
Jean-Maurice Weibel, pharmacien et initiateur du projet
Ce constat sur le terrain est corroboré par des données nationales. Femmes et Égalité des genres Canada indique qu’une personne sur cinq qui a ses règles affirme qu’il est possible qu’elle n’ait pas les moyens d’acheter des produits menstruels au cours des 12 prochains mois.
Cette statistique souligne l’urgence d’une réponse institutionnelle. Lorsque l’achat de protections périodiques entre en concurrence avec l’alimentation ou le logement, la précarité menstruelle devient un enjeu de santé publique et de dignité humaine.
Des modèles internationaux pour inspirer Québec
Pour soutenir la viabilité de leurs demandes, les promoteurs de la pétition s’appuient sur des expériences étrangères où la gratuité a déjà été instaurée avec succès. Le mouvement ne demande pas l’impossible, mais l’alignement du Québec sur des standards internationaux déjà existants.
L’analyse des modèles cités montre différentes approches de mise en œuvre :
| Juridiction | Mesure mise en place |
|---|---|
| Écosse | Gratuité des produits menstruels pour l’ensemble de la population. |
| Colombie-Britannique | Programme de distribution gratuite au sein des écoles publiques. |
| France | Remboursement de certaines protections menstruelles réutilisables. |
L’exemple de la Colombie-Britannique est particulièrement pertinent pour le volet jeunesse de la pétition, tandis que le modèle écossais représente l’aboutissement d’une politique de santé publique universelle.
Briser le silence institutionnel
Au-delà de l’aspect financier, le mouvement Le Coût Menstruel combat un tabou persistant. L’absence de politiques publiques claires sur ce sujet est perçue comme une forme de négligence envers une partie importante de la population.
On parle rarement de précarité menstruelle. Pourtant, les réactions reçues démontrent que cette réalité touche beaucoup plus de personnes qu’on le pense.
Éliane Latreille, porte-parole du mouvement
L’enjeu pour le gouvernement du Québec sera désormais de répondre à cette pression citoyenne. La transition d’une initiative privée — comme celle des pharmacies proposant des prix coûtants — vers une politique d’État marque une étape cruciale. Si la pétition recueille un soutien massif d’ici le 10 juin, elle forcera l’Assemblée nationale à sortir ce sujet de l’ombre pour l’intégrer aux priorités de santé et d’équité sociale.
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