Publié le 26 décembre 2023. Malgré l’inflation persistante et les conséquences économiques de la guerre en Ukraine, la consommation des ménages espagnols continue de croître, soutenant l’activité économique et stimulant la demande de crédit.
- Le crédit à la consommation a connu sa plus forte augmentation depuis sept ans, atteignant 189,375 millions d’euros en octobre.
- Les taux d’intérêt sur les prêts à la consommation restent significativement plus élevés que ceux des prêts immobiliers.
- L’utilisation des cartes renouvelables, malgré une légère baisse, représente un financement quotidien moyen de 341,4 millions d’euros.
La confiance des consommateurs, reflétée par l’essor du crédit à la consommation, est un indicateur clé de la santé économique de l’Espagne. Selon les données de la Banque d’Espagne, le solde en direct des prêts à la consommation a progressé de 4,5 % au cours du dernier trimestre, atteignant 189,375 millions d’euros en octobre. Il s’agit du rythme de croissance le plus rapide observé depuis octobre 2018, avant la pandémie de Covid-19.
Cette augmentation est alimentée par un marché du travail favorable et par la nécessité de financer les dépenses face à la hausse des prix. Entre septembre et octobre, le solde impayé a augmenté de 2,150 millions d’euros, soit une moyenne de 69 millions d’euros par jour. L’analyse de la Banque d’Espagne révèle que 58 % des crédits à la consommation ont une durée de remboursement supérieure à cinq ans. Cependant, la croissance la plus significative concerne les prêts à court et moyen terme, avec une augmentation de 8,7 % pour les financements entre un et cinq ans, portant l’encours à 42,094 millions d’euros. Les financements à court terme, inférieurs à un an, ont également augmenté de 38,263 millions d’euros.
Ces prêts sont principalement destinés à financer des dépenses personnelles telles que l’achat de véhicules, d’appareils électroménagers, de voyages et les imprévus. En comparaison, le financement hypothécaire progresse plus lentement, avec un encours de 511,734 millions d’euros à fin octobre, soit une augmentation de 3,2 % sur un an.
Les banques misent sur la rentabilité du crédit à la consommation
Pour les établissements bancaires, l’octroi de crédits à la consommation représente une source de revenus importante. En octobre, le taux d’intérêt moyen sur les nouveaux prêts à la consommation s’élevait à 6,79 %, après avoir débuté l’année à 7,2 %. Ce taux est plus du double du taux moyen pondéré des prêts immobiliers, qui s’établissait à 2,67 %.
Les crédits à la consommation de plus de cinq ans, les plus demandés, sont assortis d’un taux d’intérêt moyen de 7,5 %, tandis que les financements à court terme (moins d’un an) affichent un taux de 4,03 % et ceux entre un et cinq ans, de 6,63 %.
Concernant les défauts de paiement, la Banque d’Espagne estime le crédit à la consommation en souffrance à 4,295 millions d’euros au deuxième trimestre, ce qui correspond à un taux de retard de paiement de 3 % pour l’ensemble du portefeuille de prêts du secteur financier.
341 millions d’euros financés quotidiennement par les cartes renouvelables
Alors que les dépenses des ménages augmentent, l’ Association des utilisateurs financiers (Asufin) attire l’attention sur l’utilisation des cartes renouvelables. En octobre, les nouvelles opérations accordées via ce produit ont atteint 10,584 millions d’euros, en baisse de 1,6 % sur un an. Les Espagnols ont ainsi financé en moyenne 341,4 millions d’euros par jour grâce à ces cartes.
Fonctionnement des cartes renouvelables
Les cartes renouvelables sont une forme de crédit à la consommation où l’argent emprunté est remboursé par le biais d’une commission fixe ou d’un pourcentage de la dette. La particularité de ce type de crédit, selon la Banque d’Espagne, réside dans le renouvellement mensuel de la dette, qui diminue avec les paiements et augmente avec les retraits d’espèces, auxquels s’ajoutent les intérêts, les commissions et autres frais.
Le taux d’intérêt moyen des cartes renouvelables s’élève à 23,34 %, selon Asufin, ce qui représente plus de trois fois le taux moyen des prêts à la consommation. En 2023, la Cour suprême a jugé qu’un taux d’intérêt sur une carte renouvelable serait considéré comme usuratoire s’il dépassait de six points le taux de référence moyen du marché.
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