Publié le 29 septembre 2025 16:24:00. Face à une série d’incursions de drones suspectes, le Danemark reçoit le soutien de plusieurs alliés européens, notamment l’Allemagne, la France et la Suède, à la veille d’un sommet européen crucial à Copenhague. Ces incidents interviennent dans un contexte de tensions accrues et suscitent des inquiétudes quant à une possible déstabilisation de la région.
- Le Danemark a renforcé sa sécurité avec l’aide de l’OTAN et de plusieurs pays européens après des incursions répétées de drones.
- Les autorités danoises ont interdit temporairement les drones civils pour éviter toute confusion avec des activités hostiles potentielles.
- Le Premier ministre danois, Mette Frederiksen, accuse la Russie de chercher à déstabiliser l’Europe.
Une vague d’incursions de drones a perturbé le trafic aérien et suscité l’inquiétude au Danemark ces derniers jours. Plusieurs aéroports, dont l’aéroport principal de Copenhague, ont été temporairement fermés en raison de la présence de drones de qualité professionnelle. Les autorités militaires ont également signalé une activité suspecte près de plusieurs installations de défense. Une enquête policière de grande envergure a été ouverte pour identifier les responsables et déterminer l’origine de ces drones.
En réponse à cette situation, le Danemark a sollicité l’aide de ses alliés. L’Allemagne, la France et la Suède ont annoncé l’envoi de renforts, comprenant des troupes, des systèmes anti-drones, des radars et un hélicoptère. L’OTAN a également déployé la frégate allemande Hambourg pour soutenir la sécurité maritime. Environ 40 soldats allemands ont été dépêchés au Danemark, tandis que la France a envoyé un contingent de 35 personnes et un hélicoptère. La Suède a également mis à disposition des systèmes radar performants.
Les dirigeants de l’Union européenne se réuniront à Copenhague mercredi pour un sommet informel, suivi d’une réunion de la Communauté politique européenne jeudi. Ces rencontres, qui rassembleront un large éventail de dirigeants européens, devraient être dominées par les questions de sécurité et de défense face à la Russie.
Bien que l’enquête n’ait pas encore permis d’identifier les auteurs des incursions, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a publiquement lié ces incidents aux efforts de la Russie pour déstabiliser l’Europe. Elle a déclaré sur Facebook :
« Poutine veut nous diviser. La Russie est le principal pays qui menace la sécurité de l’Europe. Aucun pays ne peut gérer seul une guerre hybride. C’est pourquoi nous avons nos alliances fortes : l’UE et l’OTAN. »
D’autres pays européens, tels que la Pologne, l’Estonie et la Roumanie, ont également signalé des violations de leur espace aérien ce mois-ci, ce qui a conduit à des avertissements européens au Kremlin. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a qualifié ces incursions d’« inacceptables » et de « provocation irresponsable en période de tensions accrues », soulignant que l’OTAN est de plus en plus menacée par la Russie, qui teste ses alliés avec une fréquence et une intensité croissantes. Il a ajouté :
« Poutine tente délibérément de saper la sécurité européenne et l’intégrité territoriale des nations européennes. »
L’Ukraine a également proposé son expertise et ses technologies anti-drones pour aider ses alliés. Le président Volodymyr Zelensky a suggéré que la Russie pourrait utiliser des pétroliers en mer pour lancer des drones sur les capitales européennes.
Les dirigeants européens devraient discuter à Copenhague de la création et du financement d’un « mur de drones » pour protéger le flanc oriental du bloc. Un plan de conception technique est en cours d’élaboration, mais le ministre Pistorius a averti qu’il faudrait au moins trois à quatre ans pour mettre en œuvre un tel projet, appelant à des investissements plus importants dans les capacités de défense anti-drones dans l’immédiat.
Le gouvernement danois a également loué et acheté du matériel anti-drone supplémentaire, qui devrait arriver prochainement. Bien que la police danoise ait pris des « préparatifs approfondis » pour le sommet de l’UE, le ministre de la Défense, Troels Lund Poulsen, a reconnu que « nous n’avions pas tous les outils nécessaires ». Les autorités n’ont pour l’instant aucune preuve concrète permettant de déterminer l’origine des attaques de drones et l’identité des responsables, malgré une enquête approfondie menée pendant sept jours, analysant les données des télécommunications, des radars, des navires, ainsi que les témoignages de témoins, les images de vidéosurveillance des aéroports et les vidéos.
Le commissaire national de police, Thorkild Fogde, a déclaré :
« Il n’y a rien que nous aurions voulu plus que cette enquête produise déjà des résultats très concrets. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas. »
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