La présidence sud-africaine du G20 est assombrie par une crise diplomatique avec les États-Unis, qui ont réduit leur participation au sommet de Johannesburg et accusé Pretoria de discrimination raciale. Cette tension intervient alors que le G20 se prépare à aborder des questions cruciales telles que la dette mondiale et les inégalités croissantes.
À retenir
- Les États-Unis ont limité leur représentation au sommet du G20 à un fonctionnaire de bas niveau, en signe de désapprobation des positions de l’Afrique du Sud.
- Washington accuse Pretoria de discrimination envers la minorité afrikaner, ce que l’Afrique du Sud réfute catégoriquement.
- Le sommet se déroule dans un contexte mondial tendu, marqué par la guerre en Ukraine et les efforts américains pour parvenir à un accord de paix sans la participation de Kiev ou de l’Union européenne.
Contexte
Le différend a éclaté après la décision de l’administration américaine de ne pas envoyer de haut responsable au G20, qui débute samedi. Les États-Unis ont proposé que la passation de pouvoir à la présidence du G20, qui passera à la Floride l’année prochaine, soit symbolisée par un jeune fonctionnaire de l’ambassade américaine. L’Afrique du Sud s’y est fermement opposée. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré que les États-Unis avaient revu leur position concernant leur participation et que les modalités de celle-ci étaient en discussion.
Ce qui change
La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a réagi vivement aux déclarations de M. Ramaphosa, qualifiant son langage d’« inacceptable ». « Les États-Unis ne participent pas aux négociations officielles du G20 en Afrique du Sud. J’ai pris note des propos du président sud-africain à l’encontre des États-Unis et du président plus tôt dans la journée, et ce ton n’est pas apprécié », a-t-elle affirmé. Le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Chrispin Phiri, a quant à lui déclaré que le président Ramaphosa ne confierait pas la présidence du G20 à un simple fonctionnaire de l’ambassade. M. Ramaphosa avait auparavant envisagé de confier la présidence à une « chaise vide », mais avait exprimé sa préférence pour une transmission directe à l’ancien président américain Donald Trump.
Par ailleurs, les États-Unis ont récemment conclu un accord avec la Russie concernant l’invasion de l’Ukraine, sans impliquer ni Kiev ni l’Union européenne. Washington accuse également l’Afrique du Sud de discrimination raciale envers la minorité afrikaner, une allégation que Pretoria rejette avec véhémence. Marc Dillard, chargé d’affaires par intérim de l’ambassade américaine à Pretoria, a précisé que la présence américaine au sommet se limitait à reconnaître que les États-Unis accueilleront le G20 l’année prochaine.
Prochaines étapes
Le sommet du G20 se déroulera en 2026 au Trump National Doral Miami en Floride, un complexe appartenant à la Trump Organization. Les analystes s’inquiètent de l’impact de ce boycott américain sur la position mondiale des États-Unis. Marisa Lourenço, consultante en risques politiques basée à Johannesburg, estime que « les États-Unis sont perçus comme déraisonnables, car il devient de plus en plus évident que leur attitude envers l’Afrique du Sud est injustifiée ». Des manifestations contre les violences faites aux femmes ont été organisées à Johannesburg en marge du sommet.
Chiffres clés
- 41 % : Proportion de la richesse mondiale accaparée par les 1 % les plus riches entre 2000 et 2024.
- 15 : Nombre moyen de femmes assassinées chaque jour en Afrique du Sud.
Sources
Déclarations de Karoline Leavitt, secrétaire de presse de la Maison Blanche.
Déclarations de Cyril Ramaphosa, président de l’Afrique du Sud.
Rapport du panel d’experts indépendants dirigé par Joseph Stiglitz sur les inégalités mondiales.