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Le dollar est en passe de connaître sa plus forte perte annuelle depuis 2017

by Amélie Bernard

Publié le 24 décembre 2025 à 19h50. Le dollar américain est confronté à une pression croissante sur les marchés des changes et pourrait enregistrer sa plus forte baisse annuelle depuis 2017, tandis que d’autres grandes devises, comme l’euro et la livre sterling, affichent une progression notable.

  • Le dollar américain est en recul, avec une perte de près de 9,8 % cette année.
  • L’euro et la livre sterling ont atteint des sommets de trois mois, profitant de la faiblesse du dollar.
  • Le yen japonais est sous surveillance, le gouvernement japonais signalant une possible intervention pour soutenir sa monnaie.

La faiblesse du dollar s’explique en partie par les anticipations d’une politique monétaire plus souple de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les investisseurs misent sur la possibilité de nouvelles baisses de taux d’intérêt l’année prochaine, alors que d’autres banques centrales ont déjà mis fin à leurs cycles de hausse des taux. Malgré la publication de chiffres de croissance américaine solides, les marchés continuent de prévoir au moins deux réductions de taux de 0,25 point de pourcentage en 2026, voire plus si l’inflation continue de baisser. Goldman Sachs anticipe d’ailleurs deux baisses, mais penche pour un assouplissement encore plus marqué.

Mercredi, l’euro a franchi le seuil de 1,18 dollar et la livre sterling a atteint 1,352 dollar, des niveaux inédits depuis trois mois. L’indice du dollar, qui mesure sa valeur par rapport à un panier d’autres devises, a chuté à 97,767, son plus bas niveau depuis 2,5 mois. Si cette tendance se confirme, la perte annuelle du dollar pourrait atteindre son niveau le plus élevé depuis 2003.

L’année 2025 a été marquée par des fluctuations importantes pour le dollar, en partie à cause des incertitudes liées aux politiques commerciales et aux déclarations parfois imprévisibles de l’ancien président Donald Trump, qui avaient semé le doute sur l’indépendance de la Fed. À l’inverse, l’euro a enregistré une hausse de plus de 14 % cette année, se dirigeant vers sa meilleure performance annuelle depuis 2003.

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux d’intérêt inchangés la semaine dernière et a revu à la hausse ses prévisions de croissance, excluant ainsi tout assouplissement monétaire à court terme. Les marchés anticipent désormais une faible probabilité de nouvelles hausses de taux, à l’instar de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, où les devises ont également gagné du terrain. Le dollar australien a atteint un sommet de trois mois à 0,6710 dollar, tandis que le dollar néo-zélandais a atteint un plus haut de 2,5 mois à 0,58475 dollar.

La livre sterling a également progressé de plus de 8 % cette année, dans l’attente d’une baisse de taux de la Banque d’Angleterre au premier semestre 2026, avec une probabilité d’environ 50 % qu’une deuxième baisse intervienne au cours de l’année.

Parallèlement, de nombreuses devises ont perdu du terrain face aux métaux précieux, notamment l’or, qui a atteint un nouveau record mercredi.

Les devises des petits pays européens, généralement peu endettés, comme la Norvège, la Suisse et la Suède, ont été parmi les plus performantes. Le dollar a perdu 12 % face à la couronne norvégienne, 13 % face au franc suisse (qui s’échangeait à 0,7865 franc mercredi) et 17 % face à la couronne suédoise, qui a atteint son plus bas niveau depuis début 2022 à 9,167 couronnes.

Le yen japonais sous pression

L’attention des marchés reste toutefois concentrée sur le yen japonais, les traders étant en alerte face à d’éventuelles interventions du gouvernement japonais pour freiner sa chute. La ministre des Finances, Satsuki Katayama, a déclaré mardi que le Japon était libre d’intervenir si le yen fluctuait de manière excessive, ce qui constitue l’avertissement le plus ferme à ce jour concernant une possible intervention.

Cette déclaration a temporairement stoppé la baisse du yen, qui a progressé de 0,3 % à 155,83 yens pour un dollar mercredi, après avoir chuté de 0,5 % la veille. Bien que la Banque du Japon ait relevé ses taux d’intérêt la semaine dernière, le ton du gouverneur Kazuo Ueda a déçu certains acteurs du marché qui espéraient une politique monétaire plus restrictive, ce qui a exercé de nouvelles pressions à la vente sur le yen.

Alors que la fin de l’année approche et que les volumes d’échanges diminuent, les investisseurs envisagent un éventuel rachat officiel du yen pour soutenir la monnaie, ce qui pourrait être le moment opportun pour que les autorités japonaises interviennent.

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