Home MondeLe don virtuel de sperme suscite des inquiétudes dans le monde médical

Le don virtuel de sperme suscite des inquiétudes dans le monde médical

by Clara Dubois

Publié le 24 octobre 2023 18:35. De plus en plus de femmes britanniques recourent aux réseaux sociaux pour trouver des donneurs de sperme, une pratique qui inquiète les autorités sanitaires en raison des risques médicaux et juridiques qu’elle engendre.

  • Un groupe Facebook, « Sperm Donors UK », compte près de 17 000 membres et facilite la mise en relation entre donneurs potentiels et femmes souhaitant concevoir.
  • Les dons de sperme via les réseaux sociaux se font souvent sans les contrôles médicaux et juridiques rigoureux des cliniques spécialisées, augmentant les risques pour la santé et la filiation.
  • Le coût élevé des traitements de procréation médicalement assistée (PMA) en clinique est un facteur qui pousse certaines personnes vers ces alternatives non réglementées.

Le recours aux réseaux sociaux pour le don de sperme est en augmentation au Royaume-Uni, révélant une tendance préoccupante selon les experts. Des plateformes comme Facebook deviennent des lieux de rencontre entre femmes désireuses de devenir mères, seules ou en couple, et des hommes proposant leur contribution génétique.

Le groupe Facebook « Sperm Donors UK » en est un exemple frappant, rassemblant près de 17 000 membres. Sur ce forum, les utilisatrices peuvent communiquer directement avec des donneurs potentiels, qui se présentent souvent avec des informations sur leur profil physique et leur situation personnelle. Certains se décrivent ainsi : « 31 ans, ancien militaire, joueur de rugby semi-professionnel ». Bien que ces présentations puissent évoquer des sites de rencontres, leur objectif principal est le don de sperme, soulignent les observateurs.

Le principal danger réside dans le manque de contrôle et de suivi inhérent à ces pratiques. Contrairement aux cliniques de fertilité, où les donneurs sont soumis à des tests approfondis pour détecter le VIH et d’autres maladies génétiques, les dons effectués via les réseaux sociaux se font sans ces garanties. Les échantillons de sperme sont congelés et conservés dans des conditions non contrôlées, et les donneurs ne bénéficient pas de conseils juridiques ou psychologiques.

Dans les cliniques officielles, le processus de don est coûteux. Un échantillon de sperme peut varier entre 900 et 1 300 livres sterling (environ 1 050 à 1 450 euros), un prix qui ne comprend pas les frais de tests, de stockage et de dossier. Ce coût élevé est souvent cité comme une raison pour laquelle certaines personnes se tournent vers les réseaux sociaux.

Les risques liés à ces dons « indépendants » sont multiples. Outre le risque de transmission de maladies infectieuses et de problèmes génétiques, les experts mettent en garde contre le risque d’abus et les difficultés de suivi des liens de parenté. En 2016, un homme avait affirmé être le père biologique d’environ 800 enfants grâce à des dons effectués via les réseaux sociaux, une situation qui soulève des questions éthiques et juridiques complexes.

« Les plateformes de dons non réglementées peuvent laisser les gens vulnérables sur les plans médical, juridique et émotionnel. »

Claire Ettinghausen, Directrice de la stratégie, Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA)

L’Autorité britannique de la fécondation humaine et de l’embryologie (HFEA) a exprimé son inquiétude face à cette tendance. Claire Ettinghausen a insisté sur le fait que la méthode la plus sûre reste le processus de don effectué dans des cliniques agréées. Meta Platforms, la société mère de Facebook, a déclaré avoir examiné le groupe en question et que, bien que la promotion du don soit autorisée, la vente ou toute activité commerciale est interdite par les règles de la plateforme.

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